Les tétranyques sont bien connus des jardiniers et horticulteurs sous le nom commun d’araignées rouges. Il existe un très grand nombre d’espèces nuisibles aux plantes d’intérieurs et arbres et arbustes d’ornement ainsi que sur les cultures potagères, occasionnant fréquemment de gros dégâts. Identifier leurs dégâts est alors important afin d’agir rapidement grâce à des solutions de lutte biologiques adaptées. Découvrons plus en détails les tétranyques, leurs attaques et les traitements naturels que nous recommandons.
Description des Tétranyques
Les Tétranyques sont des acariens de très petite taille ne dépassant guère 0.5 mm, chez les formes adultes les plus grandes. Aussi sont-ils difficiles à percevoir à l’œil nu et leur différenciation est presque impossible sans l’aide d’une loupe. Il en existe un très grand nombre d’espèces réparties dans le monde entier.
Leur couleur varie non seulement d’une espèce à l’autre, mais aussi chez une même espèce suivant la saison, l’habitat, la quantité ou la nature des aliments ingérés. Ainsi, Tétranychus telarius hiverne sur le tronc des tilleuls sous la forme hivernante jaune, alors que les générations estivales sont rouges. Les aliments ingérés forment fréquemment des taches noires de chaque côté du corps, ne persistant que lorsque l’acarien est à jeun. La coloration habituelle des Tétranyques est le rouge, allant au rose pale jusqu’ au rouge intense. Certaines espèces sont jaunes.
Les Tétranyques ont une forme massive, le céphalothorax et l’abdomen étant intimement fusionné sans ligne de démarcation bien marquée. Les pattes (4 paires) sont à peine plus longues que le corps et formées de 6 articulations, se terminent par l’ambulacre, appendice très particulier en forme de griffes ou de spatule orné de longs poils capités.
Le dimorphisme sexuel est peu accusé, les femelles sont toujours plus grandes que les mâles.
Cycle de vie des Tétranyques
Les Trétranyques sont ovipares. L’œuf, transparent à l’état frais, devient translucide quelques heures après le dépôt, puis se colore quelques jours plus tard, généralement en rouge. Sa forme est entièrement sphérique et il mesure 0.2 à 0.3 mm de diamètre, ce qui le rend difficile à percevoir, sauf lorsqu’il est répandu en quantité sur les végétaux qui peuvent prendre alors un aspect rouillé caractéristique, exemple de Paratetranychus ulni des arbres fruitiers.
L’œuf est pondu directement sur la plante, et adhère grâce à une matière gluante qui le recouvre superficiellement, mais souvent, il est déposé dans les toiles par lesquelles il est maintenu. Chez certaines espèces comme Paratetranychus citri, il est fixé par des fils.
Dès que les conditions sont favorables, l’œuf éclot pour donner une larve pourvue de 6 pattes dénommée larve hexapode qui caractérise le premier stade. Elle se transforme rapidement en larve octopode, pourvue de 8 pattes, dénommée protonymphe chez laquelle les organes génitaux ne sont pas différenciés. Cette larve du 2° stade se transforme en adulte lorsqu’il s’agit de la série mâle.
Chez la femelle, elle passe par 3° stade intermédiaire que l’on désigne sous le nom de Deutonymphe ne différant de l’adulte que par une taille un peu plus réduite. La deutonymphe est pourvue d’organes génitaux, mais n’a pas atteint la maturité sexuelle. L’évolution d’un individu se fait très rapidement durant la belle saison : lorsque les conditions sont favorables, elle a lieu en une quinzaine de jours.
Quels sont les dégâts causés par les tétranyques ?
Les feuilles infestées par les Tétranyques sont tachetées de jaune, souvent ayant un aspect chlorosé ou d’aspect argentées qui affecte la vigueur de la plante et provoque la chute des feuilles. L’observation de toile indique leur présence et leurs attaques est due des temps chaud et sec. On observe également un rabougrissement des plantes qui peuvent amener la mort de la plante.
Les Tétranyques vivent généralement sur la face inférieure des feuilles où ils enfoncent profondément leur rostre dans les tissus, provoquant une piqure caractéristique. Cette attaque a pour résultat de désagréger complétement les cellules des tissus lacuneux qui se trouvent vidées de leur contenu et de relâcher le tissu palissadique. L’air s’infiltre dans les cellules vides de la feuille qui prend un aspect gris, brillant satiné, bien caractéristique de ses affections appelé “plomb”.
La seule différence avec le “vrai plomb” est que l’on remarque sur la face inférieure des feuilles des piqures noires provenant de la cicatrisation des points de fixation du rostre. Ce type de dégâts se trouve d’ailleurs dans les attaques de nombreux insectes piqueurs notamment les Thrips, Aleurodes ou Psylles. Dans ce cas des attaques d’araignées rouges, on remarque toujours sur les feuilles soit de vieilles dépouilles de mues, soit des toiles très fines secrétées par les acariens.
Une autre particularité des mœurs des Tétranyques réside en effet dans la propriété qu’ils ont tissé des toiles. Ces toiles sont extrêmement fines, mais étant donné leur nombre, elles finissent par recouvrir les végétaux d’un réseau très serré, d’aspect blanchâtre, grisâtre ou jaunâtre, limitant considérablement les échanges de la plante avec l’extérieur.
Les toiles sont tissées par les mâles et les femelles, les premiers sont plus actifs dans ce travail. Ce tissage s’effectue grâce à des glandes situées dans l’arrière-bouche. Elle sécrète un fil double qui se réunit en un fil unique. La forme, la couleur et l’importance de ces toiles varient beaucoup d’une espèce à l’autre.
🌱 Fécondité et conditions favorables au développement des araignées rouges
La fécondité des Tétranyques est très variable. Ainsi, le Tétranyque bimaculatus qui occasionne des ravages considérables au cotonnier aux États-Unis, pond une centaine d’œufs, la ponte s’échelonne sur une période d’une dizaine de jours durant laquelle la femelle expulse 5 à 10 œufs quotidiennement. On se rend facilement compte de l’importance que prennent certaines invasions des Tétranyques lorsqu’elles sont favorisées par des conditions extérieures favorables.
Dans les serres chauffées ou à l’intérieur de nos maison et appartement, la multiplication des Tétranyques est ininterrompue durant toute l’année, aussi les attaques de l’araignée rouge y sont-elles très sérieuses. Dans la nature, même dans le midi, la multiplication des acariens se trouve ralentie et même complétement arrêtée durant la période hivernale. L’hivernation des Tétranyques peu d’ailleurs s’effectuer à n’importe quel stade, mais toujours le même pour une espèce déterminée.
Les Tétranyques, étant donné leur taille et leur légèreté, sont facilement transportés par le vent d’une plante à une autre, par les oiseaux ou les insectes. La contamination peur également se faire directement par simple migration alimentaire.
Les principales espèces nuisibles de Tétranyques
Les Tétranyques sont sensibles à l’humidité qui provoque une très grande mortalité parmi leur colonie. Ils pullulent réellement dans les serres sèches. Nous savons depuis longtemps que les bassinages d’eau entravent la pullulation de l’araignée rouge et que dans une atmosphère sur humidifié, celle-ci ne se développe pas. L’humidité a également pour résultat de faire éclore les œufs.
Le bassinage, s’il entrave la multiplication des Tétranyques, ne l’arrête jamais complètement et la pullulation peut reprendre au moindre relâchement. C’est pourquoi nous vous conseillons l’application en pulvérisation sur les feuilles, tiges de vos plantes des solutions suivantes :
💡 Notre astuce : Réalisez une préparation de 300 ml Traitement bio pucerons et araignées rouges + 10 ml de savon noir pour 1 litre d’eau, que vous pulvériserez sur les feuilles de vos plantes à protéger.
Quels traitements contre les tétranyques ?
Voici quelques-unes des espèces d’araignées jaunes ou rouges dont les jardiniers doivent avoir à se méfier.
Tetranychus urticae ou Tétranyque tisserand
Il est présent dans toute l’Europe. Cette espèce est notamment présente dans les serres. Ce tétranyque pourra notamment cibler les plantes poinsettia, impatiens, les arbres et arbustes tels que l’hortensia, Dalhia, Azalée, Rosier, Buddleja, Choisya, Fuschia, Phormium, Ceanothus, Calla.
Les femelles du Tetranychus urticae est de couleur jaunâtre clair ou verdâtre de 0,5 mm de long, la forme hivernale est de couleur orange. Le mâle est plus petit. Il hiverne parmi les débris des végétaux ou dans les fissures des écorces ou trouvent des cachettes dans les serres. Elles se réactivent dès le printemps en mars et avril et envahissent les plantes pour se nourrir et se développer. Elles vivent surtout sur la face inférieure des feuilles à l’abri de toile de soie qui peuvent envahir la totalité de la plante. Au-dessus de 20 °C, le cycle de reproduction se déroule en moins de deux semaines mais en dessous de 12 °C, il peut mettre jusqu’à deux mois.
Tetranychus ludeni
Cet acarien a la particularité de s’attaquer à certaines orchidées.
Tétranychus cinnabarinus
Il est présent dans toute l’Europe et est originaire de la zone subtropicale. On l’observe dans les serres et appartement. Il s’attaque aux cactus. Son cycle de développe ressemble au Tetranychus urticae. La couleur des femelles de Tétranychus cinnabarinus est de couleur rouge.
Paratetranychus citri oub Panonychus citri
C’est l’acarien des agrumes, on le trouve sur les citronniers, oranger, mandarinier, clémentinier et autres variétés et hybrides d’agrumes. Il vit également sur d’autres arbres et arbustes. La femelle mesure 0.5 mm de long de couleur rouge violacé plus ou moins foncé, le mâle est plus petit. Les femelles pondent leurs œufs sur les feuilles, soutenus individuellement à la surface par plusieurs fils de soie. Ils éclosent au bout d’une ou trois semaines selon les températures. La reproduction se poursuit tout au long de l’année. Elle est plus active autour dès 25 °C.
Autres espèces de Tetranyques sur arbres et arbustes
Ainsi comme exemple, Tetranychus telarius si commun sus la face inférieure des feuilles de tilleul durant la belle saison, hiverne sous la forme de femelle adulte dans les fissures des écorces. Les mâles meurent à l’automne après avoir fécondé les femelles. Au printemps suivant, celles-ci émigrent à nouveau sur les feuilles, reprennent leur activité, pondent et vont pulluler durant toute la belle saison.
Le Tétranyque des arbres fruitiers (Paratetranychus ulmi) si commun dans nos vergers, hiverne à l‘état d’œuf déposé sur le tronc et les branches principalement des pomacées. Ces œufs se rencontrent également dans l’œil des fruits ou au niveau des pédoncules, essentiellement sur les pommes et les poires cueillies tardivement.
Un certain nombre d’espèces émigrent pendant la mauvaise saison sur des plantes différentes de celles formant leur habitat normal. Prenons par exemple Tétranychus bimaculatus qui ravage les cultures de coton aux États-Unis, hiverne sur différents végétaux adventices, notamment les violettes.
Le Tétranyque du dattier en Afrique du Nord (Tetranychus siplex) abandonne le palmier en hiver pour une mauvaise herbe chidendent (Cynodon dactylon) et réenvahit les dattes au printemps.
Stigmaeopsis celarius ou Trétranyque du bambou
Ce Tétranyque est répandu sur les bambous, en particulier sur le genre Phyllostachys. L’adulte mesure 0.4 mm de couleur blanchâtre à translucide, les femelles pondent au début du printemps après avoir hiverné. On les retrouve sur les faces inférieures des feuilles blotties sous leur toile de soie.
📷 vPhoto : Gilles San Martin – Licence CC BY-SA 2.0 DEED


