Connaissez-vous les anthonomes ? Voilà un ravageur peu connu des jardiniers amateurs qui provoque pourtant des dégâts importants sur les arbres fruitiers comme les pommiers et poiriers.
Lors des premières prémices du réveil de la végétation, c’est l’époque des préoccupations durant lesquelles le jardinier doit se préparer à semer, planter puis aussi protéger leurs cultures contre leurs ennemis. Les arbres fruitiers, en particulier, en connaissent un grand nombre. Nous parlerons aujourd’hui des anthonomes.
Ces petits charançons vont se réveiller bientôt et après le long engourdissement de l’hiver, provoquer sur les jeunes boutons floraux des dégâts parfois considérables. En dehors de l’Anthonome du cerisier, qui est assez rare et ne fait pas de dégâts élevés, il existe deux anthonomes vivant sur le pommier (Anthonomus pomorum) et le poirier (Anthonomus piri). L’Anthonome du pommier attaque surtout les fleurs de cet arbre fruitier et aussi quelquefois celles du poirier, tandis que le second anthonome vit spécialement sur le poirier. La biologie de ces deux espèces est totalement différente.
Anthonome du pommier : description et dégâts
Au printemps, l’anthonome du pommier se trouve sous les écorces, dans les mousses et les lichens des branches, dans le sol au pied des arbres, sous la forme adulte. C’est un petit charançon de quelques millimètres de longueur d’un gris brillant grâce à des poils courts qui se trouvent sur les élytres. La bouche est portée par un prolongement de la tête désigné sous le nom de rostre. Cet insecte se distingue des autres anthonomes et en particulier de l’Anthonome du poirier, par la présence d’un dessin en forme de V sur la partie postérieure du corps.
Dès les beaux jours d’avril, l’anthonome du pommier sort de la période d’engourdissement et gagne les branches ensoleillées. Il pique alors les jeunes bourgeons puis s’accouple. La ponte a lieu quelques jours plus tard, un œuf étant déposé par fleur, vers la base des étamines et avant même que les pétales soient séparés les uns des autres.
Dix à douze jours après, les larves éclosent et se mettent à dévorer le pistil et les étamines. Les pétales sont alors cisaillés à leur base et avant qu’ils aient pu se développer, ils sont privés d’alimentation, se dessèchent et forment une coche brunâtre sur une fleur désormais stérile. Cet aspect est bien connu sous le nom de « clou de girofle ».
L’abondance des « clous de girofle » est parfois telle que les arbres roussissent brusquement sans fleurir réellement.
Dans sa petite logette florale, la larve donne une nymphe qui, quelques jours plus tard, fournit un nouvel adulte. Après avoir voyagé sur les branches, cet adulte se cache à nouveau dans les infructuosités des écorces et bientôt, il reprendra cette longue existence de sommeil qui durera jusqu’au printemps suivant.
Anthonome du poirier : description et dégâts
L’anthonome du poirier se présente actuellement sous une forme d’une larve ou d’une nymphe plus ou moins évoluée, qui se trouve cachée dans les boutons à fleurs. Comme pour la précédente, on trouve une larve par bouton. L’invasion de ce bourgeon se produit à la fin de l’été et la femelle sait bien alors distinguer les bourgeons à bois des boutons à fleurs.
L’œuf qui est déposé à cette époque donne une larve très active qui dévore toute la future inflorescence en ne respectant que les écailles protectrices brunes et brillantes.
Ainsi, au printemps suivant, ce même bouton, privé de vie, ne se réveille pas et tandis que les autres boutons à fleurs s’épanouissent, il reste clos, il est stérile.
L’adulte apparait dans le milieu du mois de mai, il ressemble beaucoup à celui de l’anthonome du pommier, mais ne présente pas cette bande en V sur le bout des élytres mais simplement une tache blanche perpendiculaire à la structure.
Ses dégâts sont bien reconnaissables à l’aspect des boutons roussis qui après la sortie de l’adulte, présentent un trou arrondi à leur base. Cette espèce de charançon est relativement moins répandue que celui du pommier mais ses dégâts sont plus graves puisqu’ils détruisent non pas une fleur mais tout un groupe de fleurs.
Comment lutter contre les anthonomes du pommier et poirier ?
Contre ces deux insectes, nous vous donnons des conseils de prévention et de lutte biologique.
Secouer les arbres
Nous avons remarqué que chez l’anthonome du pommier, au moment de l’accouplement et de la ponte, les individus se rassemblent en grand nombre sur les fines extrémités des branches. Le matin, de bonne heure, ils sont encore moins engourdis et tombent au moindre choc. Il suffit alors de secouer les arbres en battant les branches au-dessus d’une toile ou d’une bâche. Pour recueillir un grand nombre d’adultes. Mais cette méthode donne des résultats inégaux car souvent les anthonomes passent inaperçus dans une région ou cependant les dégâts sont graves, ceci est du au fait que ces petits insectes volent très bien et peuvent s’abattre sur un verger jusqu’alors indemne, pour y pondre.
Cette méthode de lutte est impossible à pratiquer en ce qui concerne l’anthonome du poirier qui ne se trouve à l’état adulte sur les arbres que pendant la période où ceux-ci sont chargés de feuilles et de fruits.
Suppression des boutons à fruits du poirier qui se dessèchent
Sur le poirier, la lutte contre l’anthonome doit avoir lieu en mars et consiste en la suppression des boutons à fruits qui à ce moment se dessèchent au lieu de se gonfler et d’éclater.
Application de traitements biologiques
À cette époque, ces boutons contiennent encore les larves d’anthonomes. On les détruira à l’aide du traitement bio pucerons et araignées rouges additionné de savon noir. Le positionnement de ce traitement doit être passé vers la mi-avril au plus tard sans avoir procédé à la suppression des boutons anthonomés car à partir de cette date peuvent se produire quelques sorties précoces d’adultes.
Contre l’anthonome du pommier, ce sont deux pulvérisations de ce traitement qui seront effectuées à 8 à 15 jours d’intervalle, c’est-à-dire dans la période de la ponte qui donneront le meilleur résultat.
Le traitement bio pucerons et araignées rouges exerce un effet répulsif et insectifuge sur les anthonomes. La pulvérisation de ce traitement au printemps et d’été contre les divers ravageurs des pommiers et poiriers permettront de détruire considérablement les dégâts par destruction et éloignement des adultes (hoplocampes, carpocapse).
Encourager les prédateurs naturels
Les oiseaux se nourrissent des adultes, des larves et nymphes.


