Le pêcher est un arbre particulièrement sensible aux attaques de pucerons. Nous pouvons d’ailleurs affirmer que ces petits insectes sont les ravageurs du pêcher les plus redoutables. Découvrons quelles sont les espèces responsables, comment identifier leurs dégâts et surtout, comment s’en débarrasser grâce à des solutions et traitements biologiques.
Quels dégâts causent les pucerons sur le pêcher ?
Les jeunes feuilles du pêcher, dès leur sortie, sont envahies par d’innombrables colonies d’aphidiens (pucerons) qui les boursoufflent, les gaufres, entravent leur développement ou provoquent leur chute. Cette attaque s’accompagne presque invariablement de champignons de la fumagine qui salissent le feuillage et rendent les fruits pas très présentables. Une forte attaque entraîne également une baisse de rendement des fruits et des problèmes plus graves sur les plus jeunes pêchers.
Les espèces de pucerons ravageurs
Il existe un grand nombre de pucerons vivant sur le pêcher mais en France, trois espèces seulement présentent un intérêt. On les désigne habituellement sous le nom de pucerons noir, pucerons gris et pucerons vert du pêcher.
Cette détermination exacte pour le puceron vert, Hyalopterus arundinis, de couleur vert tendre et pruinescent est impropre pour les deux autres espèces, ni grises, noires mais de coloration très variable, brun noir, rouge brun, panaché jaune, noir, verdâtre foncé ou vert bouteille, etc. Cette couleur varie d’ailleurs chez une même espèce suivant que l’on a affaire à l’une ou l’autre de ses différentes formes (ailé, aptères, fondatrices etc.).
Nous allons vous présentez les trois pucerons qui sont susceptibles d’être rencontrées dans les plantations de pêcher.
Le puceron noir du pêcher (Anuraphis persiae)
Le puceron noir du pêcher possède le nom scientifique de Anuraphis persiae. C’est un puceron globuleux, arrondi, de couleur sombre. Les jeunes individus sont vert-bouteille, les adultes généralement brun noir brillant, les pattes et les antennes sont jaunes avec les extrémités enfumées. Ce sont là les caractères des aptères qui atteignent environ 2 mm de long. Les ailés ont le thorax noir brillant avec l’abdomen jaune orangé moucheté de sombre avec les pattes et les antennes enfumées.
Un caractère essentiel du puceron noir du pêcher, permettant de le distinguer immédiatement du puceron gris, consiste dans la brièveté de ses cornicules (petits tubes appelé siphon fixé à l’extrémité de l’abdomen), elles ne dépassent pas 1/15 de la longueur totale du corps, tandis qu’elles atteignent ¼ de cette dimension chez Myzus persicae.
On ne connait chez le puceron noir que des femelles parthénogénétiques (vivipares) avec une prédominance marquée des formes aptères. Il n’existe pas de sexués, par conséquent, il n’y a pas d’œuf d’hiver. Dès la fin de la mauvaise saison, souvent des févriers, on remarque à la naissance des bourgeons quelques pucerons qui ont été transportés par des fourmis.
Aux premières chaleurs, ils commencent à se multiplier en très grande abondance et envahissent les fleurs puis les feuilles. Ils se logent à la face intérieure de ces dernières qui se recroquevillent, se boursouflent et la végétation de l’arbre se trouve entravée. Les fruits se développent mal, durcissent, ne murissent pas, restent sales, enduit de fumagine. Cette attaque augmente d’intensité jusqu’en juin. Plusieurs générations se succèdent ainsi, mais, à partir de cette époque, les prédateurs entravent la multiplication du puceron qui disparait des vergers pour ne réapparaitre qu’à la fin de septembre ou début d’octobre. L’invasion automnale est toujours moins importante que l’attaque printanière.
Anuraphis persicae est une espèce migrante et on la rencontre toute l’année en plus ou moins grande abondance sur des plantes herbacées.
Cette migration est facultative mais plus générale au fur et à mesure que l’on se rapproche de la région méditerranéenne. Dans la vallée du Rhône ou en Île-de-France, ce puceron hiverne généralement sur les racines, protégé par les fourmis qui sont très friandes de leur exsudation. Elles construisent au pied des arbres des tunnels de terre ou de sable agglutiné protégeant les hivernants.
La piqure des racines provoque fréquemment des dégâts sensibles aux jeunes pêchers.
Pucerons gris du pêcher (Myzus persicae)
Le puceron gris du pêcher est aussi connu sous son nom scientifique de Myzus persicae. C’est un puceron de forme ovale, ballonné, de couleur très variable, généralement rose orangé bariolé de sillons transversaux noirs, formant de larges bandes. Les pattes sont claires comme les antennes, la taille des aptères atteints 2 mm. Les ailés plus petits ont la tête et le thorax d’un noir brillant avec un abdomen vert maculé de ligne transversales et de taches marginales noires. Les cornicules sont beaucoup plus longues que chez l’espèce précédente puisqu’elles atteignent ¼ de la longueur totale du corps.
Le puceron gris du pêcher est une espèce beaucoup plus polyphage que la précédente. Il peut vivre sur plus de cent espèces de plantes différentes telles que les choux, chrysanthème, géranium, violette, chenopodium, myosotis mais son hôte initial est habituellement le pêcher.
Les fondatrices sortent des œufs d’hiver en mars et s’attaquent aux bourgeons puis aux fleurs et aux feuilles. Ces dernières se boursouflent, se recroquevillent en spirales et se prennent « en nid ». Les dégâts sont en tout point comparables à deux de l’espèce précédente.
Myzus persicae se multiplie tout l’été sur le pêcher et à l’arrière-saison des sexués apparaissent, les femelles pondent des œufs noirs, brillants, sur les écorces des troncs et des jeunes pousses ou ils passeront l’hiver. Myzus persicae est une espèce migrante et parallèlement à son développement sur le pêcher, d’autres lignées viennent sur des plantes secondaires sur lesquelles elles peuvent parfois pondre des œufs d’hiver.
Dans la région méditerranéenne, il est fréquent de voir les femelles aptères passer toute la mauvaise saison sur les plantes basses. Au printemps, le développement de l’espèce reprend et peut envahir le pêcher ou continuer son développement sur les végétaux herbacés. Le puceron gris du pêcher possède donc un pouvoir de dissémination considérable et se montre de ce fait particulièrement nuisible : il exige une surveillance constante de la part du jardinier et de fréquents traitements.
Sa biologie nous montre, en effet, que le ré envahissement des pêchers est possible en n’importe quelle saison. Contrairement à Anuraphis persicaele, le puceron gris n’est pas visité par les fourmis.
Le puceron vert du pêcher (Hyalopterus arundinis)
Le puceron vert du pêcher se distingue immédiatement des autres espèces des arbres fruitiers par sa forme allongée de 2 mm, son allure élancée, et sa couleur vert-amande clair uniforme, saupoudré d’une légère pruinescence. Seuls, ses yeux sont de couleur rougeâtre. Les ailés ont la tête et le thorax noirs, les antennes enfumées et l’abdomen vert tendre.
Les mœurs de cette espèce ne sont pas encore parfaitement éclaircies, elle apparait généralement en très grande abondance dès le mois de mai, généralement dans la 2ᵉ quinzaine, venant, on ne sait trop d’où et grimpant sur le tronc des arbres pour envahir les feuilles. Sa multiplication est prodigieusement rapide et en quelques jours tout le feuillage se trouve envahi à la face inférieure des feuilles, on remarque des colonies denses agglomérées le long des nervures.
Sous cette attaque, les feuilles ne se recroquevillent pas comme dans le cas des autres espèces, mais s’épaississent, se chlorosent et parfois même le limbe s’enroule sur ses bords. La chute partielle du feuillage ne tarde pas à survenir et les champignons de la fumagine envahissent l’arbre dont les fruits restent petits, dur et momifiés.
Lorsque l’attaque est très vigoureuse et qu’aucun traitement n’est pratiqué en temps utile, les jeunes poussent se dessèchent et l’arbre dépérit, aussi le puceron vert est-il justement redouté des jardiniers et des arboriculteurs. Les hôtes initiaux de cette espèce seraient les prunus (pêcher, amandier, abricotier, prunier), les pucerons vivent sur les arbres tout l’été mais sont surtout abondants au printemps.
Ils émigrent sur les roseaux (Phragmites, Arundo) et différentes graminées (Calamagrotis, Bromus) qui sont ses hôtes secondaires, d’où à l’arrière-saison, vers la mi-octobre, certains individus retournent sur le pêcher (ailés sexupares) pour engendrer des sexués qui pondront des œufs en hiver. L’envahissement des pêchers se fait brusquement par une invasion massive d’aptère venant du sol.
Le puceron vert n’apparait jamais sur le pêcher avant que les feuilles soient entièrement développées et c’est généralement vers la fin de mai ou au début de juin que son attaque est à craindre dans les vergers.
Quels traitements et solutions pour lutter contre les pucerons du pêcher ?
Découvrez comment lutter contre ces différentes espèces de pucerons qui ciblent les cultures de pêcher.
Lutte biologique contre les pucerons gris et noir du pêcher
En février, avant le départ de la végétation (en janvier dans la région méditerranéenne), traitez avec le traitement bio pucerons et araignées rouges (100 ml) additionnée de savon noir (10 ml) pour 1 litre d’eau. Multipliez les doses en fonction du volume d’eau.
Pour détruire les œufs d’hiver des pucerons gris et les hivernants du puceron noirs (ces derniers sont localisés au collet), il importe de bien laver la base du tronc avec un jet puissant de façon a ce que le liquide pénètre entre les racines et que les tunnels de sable protecteur érigés par les fourmis soient détruites.
Dès l’apparition des fleurs, traiter les arbres une première fois avec cette solution de façon à détruire les premières colonies de puceron noir et les fondatrices de pucerons gris.
Dès l’apparition des feuilles, répétez l’opération à 2 à 3 reprises à 8 jours d’intervalle et davantage. Utiliser des pulvérisateurs à forte pression pour que le liquide pénètre abondamment à l’intérieur des amas de feuilles, ne pas attendre le boursouflement du feuillage qui rend les pucerons difficilement vulnérables.
Lutte biologique contre les pucerons verts du pêcher
Surveillez l’apparition des premiers pucerons qui a lieu généralement vers la fin mai ou au début de juin.
Pulvérisez abondamment l’arbre avec une solution mouillante de traitement bio pucerons et araignées rouges (100 ml) additionnée de savon noir (10 ml) pour 1 litre d’eau, multiplier les doses en fonction du volume d’eau. À plusieurs reprises si c’est nécessaire jusqu’à la disparition complète des pucerons. Dirigez les jets en bas en haut, employer des appareils à forte pression.


