Le haricot vert est une culture sensible à plusieurs maladies pouvant toucher les feuilles, les tiges, les fleurs ou encore les gousses. Pour le jardinier comme pour le maraîcher, savoir reconnaître rapidement les symptômes permet d’agir au bon moment. Taches sur le feuillage, flétrissement des plants, déformations ou pourritures des gousses : ces signaux révèlent souvent la présence de champignons, de bactéries ou de virus spécifiques du haricot. Voici les principales maladies que l’on rencontre sur le haricot vert et nos solutions biologiques pour lutter..
Mildiou du haricot
Le mildiou du haricot est provoqué par Phytophthora phaseoli, un oomycète qui se développe surtout lorsque le feuillage reste humide pendant plusieurs heures. Les périodes pluvieuses, l’ombre ou une irrigation par aspersion favorisent fortement son apparition. La maladie peut se manifester entre avril et octobre, avec des évolutions parfois rapides lorsque les conditions sont réunies.
Sur les feuilles, les premiers signes sont des taches jaunâtres entourées d’une marge rougeâtre. Avec le temps, un feutrage blanc, parfois légèrement violacé, apparaît au revers du limbe. Les tissus finissent par brunir puis se dessécher. Les tiges, les fleurs et les gousses peuvent aussi être atteintes, avec des lésions irrégulières qui s’étendent rapidement.
Anthracnose du haricot
L’anthracnose du haricot est due au champignon Colletotrichum lindemuthianum. Elle se développe principalement lorsque le temps est frais et humide, autour de 17 à 20 °C. Les spores se disséminent facilement par la pluie, les éclaboussures d’eau ou le vent, et le champignon peut survivre dans les débris de culture.
Les symptômes peuvent apparaître très tôt, parfois dès la levée. Sur les feuilles, on observe des nécroses noirâtres qui suivent les nervures ou forment des taches allongées. Les tiges peuvent présenter des lésions similaires.
Les gousses constituent souvent l’organe où la maladie devient la plus visible. Des taches noires rondes ou ovales apparaissent, avec un centre grisâtre légèrement en creux. Lorsque l’humidité est élevée, des pustules rosées se forment au cœur des lésions, correspondant aux structures de reproduction du champignon.
Les graines issues de gousses contaminées peuvent également présenter des décolorations allant du jaune au brun foncé, voire au noir.
Oïdium du haricot
L’oïdium du haricot est généralement lié au champignon Erysiphe polygoni. Cette maladie apparaît surtout lors de périodes chaudes, souvent entre 16 et 28 °C, lorsque l’air est relativement humide.
Les premiers symptômes prennent la forme de petites taches blanches sur le feuillage. Ces zones poudreuses s’étendent progressivement jusqu’à former un feutrage blanc bien visible à la surface des feuilles. Le feuillage jaunit ensuite avant de se dessécher.
Contrairement au mildiou, le feutrage est surtout visible directement sur la face supérieure des feuilles. Le mycélium peut aussi se développer sur d’autres organes aériens de la plante.
Fonte des semis (pourridié pythien)
La fonte des semis causée par Pythium aphanidermatum touche principalement les jeunes plants. Cet oomycète est favorisé par les sols très humides et des températures assez élevées. Les sols alcalins et la présence d’eau libre dans le sol accentuent également le risque.
La maladie intervient souvent au moment de la germination ou juste après la levée. Les graines peuvent pourrir avant même de sortir de terre, ou les plantules émergent difficilement puis dépérissent rapidement.
Les racines deviennent brun foncé puis noires, tandis que le collet et les jeunes tiges présentent des lésions brunes. Les plants flétrissent brutalement, car le système racinaire ne fonctionne plus correctement.
Rhizoctone brun
Le champignon Rhizoctonia solani est un autre agent responsable de fonte des semis. Il se développe surtout dans les sols humides et tassés, lorsque l’humidité de l’air est élevée et que les températures dépassent environ 24 °C.
Les graines peuvent se dégrader dans le sol avant la levée. Les jeunes plants qui émergent restent souvent faibles et jaunissent rapidement. Le système racinaire présente des nécroses sèches qui affectent la racine pivot et les radicelles.
Au niveau du collet, des chancres brun rougeâtre apparaissent. Ces lésions sont souvent légèrement déprimées et peuvent finir par encercler la tige, entraînant le flétrissement de la plante. Sur les gousses en contact avec le sol, de petits chancres concaves peuvent aussi se former.
Pourriture du collet
La pourriture du collet est provoquée par Sclerotium rolfsii, un champignon actif lorsque les conditions sont chaudes et humides. Les sols acides et les températures supérieures à 26 °C favorisent son développement.
La maladie débute généralement au niveau du collet, juste au-dessus de la ligne du sol. Les tissus deviennent mous et humides, puis les racines se dégradent progressivement. Les feuilles inférieures jaunissent avant que l’ensemble de la plante ne flétrisse.
Un signe très caractéristique apparaît souvent sur la tige : un mycélium blanc épais accompagné de petites structures sphériques appelées sclérotes, d’environ un millimètre de diamètre.
Pourriture noire des racines
La pourriture noire des racines est liée au champignon Thielaviopsis basicola. Elle apparaît surtout lorsque le sol reste froid et humide pendant une longue période, généralement entre 17 et 23 °C.
Les racines prennent une coloration brun foncé à noire et commencent à se dégrader. Le système racinaire devient moins fonctionnel, ce qui limite l’absorption de l’eau et des nutriments.
Les plants atteints se développent mal. On observe souvent un feuillage pâle ou chlorotique, accompagné d’un flétrissement progressif.
Fusariose du collet et pourriture des racines
Cette maladie est causée par Fusarium solani f. sp. phaseoli. Elle apparaît lorsque les températures se situent entre 20 et 28 °C, surtout dans les sols compacts, mal drainés ou soumis à des stress hydriques.
Les jeunes plants deviennent chétifs et montrent des signes de flétrissement. Les racines se nécrosent et la racine principale peut prendre une teinte rougeâtre. Le collet présente souvent des lésions longitudinales rouges.
Le feuillage finit par jaunir puis se nécroser. L’atteinte du système racinaire limite fortement la croissance et peut entraîner la mort des plants.
Fusariose vasculaire
La fusariose vasculaire, causée par Fusarium oxysporum f. sp. phaseoli, affecte les tissus conducteurs de la plante. Elle se développe plus facilement lorsque les températures sont modérément chaudes et que le sol est compact ou mal drainé.
Les premiers symptômes apparaissent souvent sur les feuilles inférieures, qui jaunissent progressivement. Ce jaunissement peut parfois se manifester d’un seul côté de la plante.
À la base de la tige et au niveau du collet, les tissus internes brunissent. La plante ralentit sa croissance et peut présenter une maturité précoce.
Alternariose
L’alternariose du haricot est généralement liée à des espèces du genre Alternaria, notamment Alternaria alternata. Elle se développe lorsque le feuillage reste mouillé pendant plusieurs heures et que des résidus de culture contaminés sont présents dans le sol.
Sur les feuilles, la maladie provoque des taches brunâtres présentant des anneaux concentriques, souvent décrites comme des taches en cible. Avec le temps, ces lésions peuvent s’agrandir et se rejoindre.
Les gousses peuvent aussi être touchées. Elles présentent alors des mouchetures orangées ou brunâtres à la surface. Les fleurs peuvent être infectées sans montrer immédiatement de symptômes visibles.
Nécrose des tiges et pourriture racinaire (charbon)
La nécrose des tiges liée à Macrophomina phaseolina est souvent appelée maladie du charbon. Elle apparaît surtout lorsque les températures sont élevées, parfois entre 30 et 40 °C, et que les plantes subissent un stress hydrique.
Les tiges et les racines présentent des zones nécrosées accompagnées de petites structures sombres appelées microsclérotes. Les jeunes plants peuvent montrer des lésions noirâtres au niveau du collet.
Les plants atteints présentent souvent une chlorose du feuillage et un flétrissement progressif. La maladie peut apparaître à différents stades du développement, depuis la germination jusqu’à la récolte.
Nos solutions biologiques contre les maladies du haricot
Amélioration du sol
La première action pour éviter les maladies des haricots verts est l’amélioration de vos sols, grâce aux matières organiques, indispensables pour toutes vies dans les sols (bactéries, champignons). Il existe plusieurs solutions pour cela.
- HUMUSOL
- LOMBRICOMPOST
- AERATEUR DES SOLS ( silice activée sio3) : permet d’aérée, décompacté et oxygéné les sols , un indispensable à la matière organique pour la dégrader , la minéraliser et favoriser la venue de la microfaune , mésofaune, macrofaune et champignons du sol
- SOUFRE ELEMENTAIRE POTAGER
🌱 Notre astuce contre les maladies des pois : l’enrobage des semences
L’enrobage des semences est une vraie solution pour éviter les problèmes de maladies du sol sur les haricots (Pythium, Pourriture, Phytophthora, Galle,Rhizoctone, Fusariose, Fonte du semis, etc.).
La solution que nous vous proposons ci-dessous permet de booster la germination et le système racinaire pour obtenir un bon développement de la culture tant en quantité et en qualité.
Nous vous indiquons étape par étape comment procéder à l’enrobage de vos semences de pois (graines) ainsi que les différents modes d’application de la solution (pulvérisation, trempage).
Les produits dont nous aurons besoin :
Le matériel dont nous aurons besoin :
- Passoire plastique (ustensile de cuisine)
- Pichet doseur
Préparation du mélange :
Dans un bol pouvant contenir au moins 1 litre de solution et assez grand pour y plonger la passoire.
On mélange dans le pichet doseur 100 ml de la solution Traitement bio maladies des semences et bulbes puis on y ajoute 900 ml biostimulant bio légumes du potager, on agite en mélangeant les deux solutions à l’aide d’un fouet afin que la solution soit bien homogène . Attention, on ne rajoute pas d’eau.
préparation des semences à semer
Mettez ensuite les semences de pois dans la passoire, plongez celle-ci dans la solution afin que les graines soient bien enrobées. Attention, il suffit juste de faire un aller /retour, ensuite secouer pour bien égoutter les graines dans la passoire pour enlever éventuellement le surplus de la solution. Attendre quelques minutes pour que les semences soient bien sèches avant de les semer.
Semer dans la raie de plantation ou en poquet :
Une fois que les graines sont bien sèches. Attention de bien vérifier que celles-ci ne soient pas attachées les unes aux autres, semer celles-ci dans la raie de plantation ( voir blog semis planète agrobio ou l’on explique les différents modes de semis)
Semis (motte) :
Pulvérisation sur les semences ( graines) de la solution à l’aide d’un pulvérisateur. Pulvériser la solution citée dans « préparation du mélange « sur les semences mises dans les mottes. Le passage doit être rapide , un léger brouillard suffit, ne pas s’attarder sur les semences ( graines) . Attention, Ne pas arroser car les graines ont été mis avec la solution biostimulants qui contient un pourcentage d’eau nécessaire à la germination.
Raie de plantation :
Pulvérisation sur les semences ( graines) de la solution à l’aide d’un pulvérisateur. Pulvériser la solution citée dans « préparation du mélange « sur les semences mises dans la raie de plantation à l’aide de votre pulvérisateur. Le passage doit être rapide , un léger brouillard suffit, ne pas s’attarder sur les semences ( graines) . Ensuite, laisser sécher quelques minutes avant de remettre la terre sur les semences ( graines ) . Tasser. Attention, Ne pas arroser car les graines ont été mis avec la solution biostimulants qui contient un pourcentage d’eau nécessaire à la germination.
Solutions contre les maladies des haricots verts
Contre l’ensemble des maladies décrite ci-dessous (Mildiou, oïdium, Botrytis, Anthracnose…), nous vous recommandons :
Mixte des deux solutions pour obtenir une meilleure protection.
Pour une solution de 1 litre , multiplier les doses en fonction du volume de bouillie désirée : 100ml traitement bio maladies des légumes du potager + 10 ml chitosan liquide + 890ml d’eau.
Application sur les feuilles à l’aide d’un pulvérisateur , renouveler l’opération tous les 7 à 21 jours en fonction de l’importance de la maladie et jusqu’à disparition de celle-ci
🌱 Notre astuce : l’argile bentonite sodique et son pouvoir asséchant
L’argile bentonite sodique a fort pouvoir asséchant pour contrecarrer la dispersion des mycéliums ,oospores ou spores des maladies du pois.
Nous recommandons de l’utiliser avec le chitosan liquide.
Dosage pour une solution de 1 litre (multiplier les doses en fonction du volume de bouillie désirée) : Argile bentonite sodique 10 ml + 10gr Argile bentonite sodique.
Mélanger les deux solutions dans le pulvérisateur, bien agiter avant application
Application sur les feuilles à l’aide d’un pulvérisateur , renouveler l’opération tous les 7 à 21 jours en fonction de l’importance de la maladie et jusqu’à disparition de celle-ci
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