Dans les jeunes vergers, les pépinières et les vergers, la cécidomyie des feuilles du pommier est un ravageur à ne pas négliger. Cette petite mouche est la cause potentielle de plusieurs dégâts sur les arbres fruitiers. Comment l’identifier et comment lutter biologiquement ? Nos explications sur ce ravageur des fruitiers.
Identification de la Cécidomyie des feuilles du pommier
La cécidomyie des feuilles du pommier, Dasineura mali, appartient à la famille des Cecidomyiidae. Ce petit diptère est connu sous différents noms, notamment cécidomyie du pommier ou cécidomyie des feuilles du pommier. Sa présence est particulièrement marquée dans les vergers et pépinières où elle s’attaque aux jeunes pousses et aux feuilles tendres.
Originaire d’Europe, la cécidomyie des feuilles du pommier a été décrite en Allemagne, en Grande-Bretagne et en France. Son aire de répartition s’est progressivement élargie bien au-delà du continent européen. Aujourd’hui, elle est signalée en Russie, en Amérique du Nord (Canada et États-Unis), en Argentine et en Nouvelle-Zélande.
Morphologie de Dasineura mali
L’adulte de la cécidomyie des feuilles du pommier est une minuscule mouche dont la taille varie entre 1,5 et 1,7 mm pour le mâle et un peu plus de 2 mm pour la femelle. Son corps est brun foncé avec des reflets rouge orangé. Une fine pilosité noirâtre recouvre son corps. La tête et le thorax sont noirs, tandis que les ailes sont transparentes. Ses pattes sont longues et présentent une teinte noire avec des nuances rougeâtres.
Au stade larvaire, la cécidomyie prend l’apparence d’un petit asticot mesurant entre 2 et 4 mm. Sa couleur évolue au fil de sa croissance, passant du blanc au jaune pâle. Son développement se déroule principalement à l’intérieur des feuilles enroulées, où elle reste protégée tout en se nourrissant des tissus végétaux.
Cycle de vie de la Cécidomyie des feuilles du pommier
Dasineura mali peut donner naissance à trois générations au cours d’une année.
Dès le début du mois de février, les premiers adultes émergent et cherchent à se reproduire. Les femelles déposent leurs œufs dans les boutons floraux encore fermés, profitant de la protection offerte par les pétales pour assurer le développement des larves.
L’éclosion a lieu en deux à trois jours. Les jeunes larves s’installent sur la face supérieure des feuilles ou à l’intérieur des boutons floraux, où elles entament leur croissance. Pendant environ trois semaines, elles se nourrissent des tissus végétaux, provoquant l’enroulement caractéristique des feuilles. Une fois arrivées à maturité, elles quittent leur hôte et s’enfouissent dans le sol pour se transformer en nymphes.
Une partie des larves entre en diapause et reste dans le sol jusqu’à l’année suivante, tandis que d’autres poursuivent leur cycle et donnent naissance à de nouveaux adultes.
Quels sont les dégâts observés ?
La cécidomyie des feuilles du pommier provoque des altérations visibles sur différentes espèces fruitières.
Sur les pommiers et poiriers :
- Les feuilles s’enroulent de manière serrée sous l’effet de la salive des larves.
Elles brunissent, deviennent fragiles et finissent par tomber. - À partir de juillet, les infestations importantes provoquent un dessèchement prématuré des feuilles des jeunes pousses.
- La nouvelle végétation des jeunes vergers et des pépinières est directement affectée, ralentissant leur développement.
Sur les Prunus (cerisiers, pruniers, etc.), les larves se développent à l’intérieur des boutons floraux, entraînant la formation d’une galle interne. Cette déformation empêche la corolle de s’ouvrir, ce qui entraîne l’avortement rapide de la fleur.
Sur le cassis, les premiers symptômes apparaissent après la floraison. Les extrémités des pousses présentent des feuilles enroulées contenant des larves blanches. Avec le temps, les feuilles se recroquevillent et finissent par se nécroser. Contrairement aux autres hôtes, cette infestation n’a pas d’impact direct sur la fructification.
En pépinière, la présence de la cécidomyie peut nuire au développement des boutures. Les jeunes plants touchés par l’attaque des larves voient leur croissance freinée, ce qui compromet leur enracinement et leur reprise après la plantation.
Méthodes de surveillance
Surveiller la présence de Dasineura mali est essentiel pour anticiper les dégâts et limiter leur impact. Un suivi visuel permet de détecter les premiers signes d’infestation à la fin de la floraison. Les feuilles enroulées et la présence de larves doivent alerter sur l’installation du ravageur dans le verger.
Des méthodes de piégeage peuvent être mises en place pour évaluer l’ampleur de la population. L’utilisation de pièges à phéromones permet d’attirer les adultes mâles et d’obtenir une estimation de leur présence. Des plaques engluée coltrap de couleur jaune placées dans les vergers offrent également un bon indicateur du niveau d’infestation.
Nous vous conseillons :
Ces plaques sont à positionner dès mois de mars dans les arbres fruitiers à hauteur d’homme. Cette solution permet d’identifier la venue du ravageur afin d’intervenir rapidement à l’aide du traitement bio pucerons et araignées rouges.
Les plaques engluées sont en quelques sorte le signal d’alarme de la présence des ravageurs, à utiliser sans modération.
Solutions de lutte biologique contre la Cécidomyie des feuilles du pommier
- Traitement bio pucerons et araignées rouges (Pour un traitement de 5 litres de solutions : 500 ml + 100ml de savon noir pour 4.5 litres d’eau. À pulvériser sur les jeunes feuilles ou la Cécidomyie est active).
- Savon noir planète agrobio (Savon a haute viscosité, idéal contre les ravageurs)
- Argile Kaolinite (Son rôle de barrière physique est un élément important contre ce ravageur)
- Répulsif jardin terre de diatomée (Son rôle de barrière physique est un élément important contre ce ravageur)


