Comment protéger ses plantes potagères du froid et du gel ?

comment protéger potager du froid

Nous allons dans ce blog vous faire part de ce qu’il convient de faire pour favoriser la précocité des récoltes, pour protéger du froid les espèces qui y sont sensibles, pour cultiver, non seulement les espèces propres à votre climat mais un choix très étendu de légumes et de fleurs. ll existe en effet différentes techniques et matériels pour apporter et garder la chaleur dans les cultures potagères et au jardin d’une manière générale. Nous aborderons également comment utiliser de la chaleur artificielle par certains procédés simples et efficaces.

Utilisation des rayons solaires

Voici les différentes techniques pour utiliser les rayons du soleil :

Les côtières

On appelle côtière une planche ou plate-bande située au pied d’un mur, généralement large de 1 mètre 20 à 2 mètres 50 suivant la hauteur de celui-ci et à laquelle on donne, en bonne exposition, une légère inclinaison en vue de bénéficier au maximum de la chaleur solaire. Afin qu’il puisse absorber toute la chaleur qu’il reçoit, le sol en sera terreauté avec du compost ou lombricompost potager si possible.

Les côtières constituent un emplacement de choix propice aux semis en pépinière et à la culture des variétés dites de primeurs et permettant d’obtenir des récoltes, par exemple de la pomme de terre avec une avance d’une quinzaine de jours par rapport aux cultures non abritées.

Les côtières exposées au nord sont froides. Fraiches en été, elles sont précieuses pour les semis en stratification et les semis d’été de cerfeuil, persil, cresson, etc.

Les ados

À défaut de murs bien exposés, pouvant permettre l’installation de côtières, vous pouvez, pour vos semis et plantation précoces, utiliser les ados. On appelle ainsi des planches de cultures inclinées face au Midi, dont la pente varie de 25 à 30 cm par mètre. Les plantes y reçoivent plus directement les rayons du soleil qu’un terrain plat. Si le sol n’est pas assez compact pour se maintenir de lui-même, il convient de soutenir l’ados par un bâti fait de planches.

Protection contre les gelées

Si l’atmosphère se réchauffe plus vite que la terre, par contre, elle se refroidit beaucoup plus rapidement. Il s’ensuit alors une déperdition de chaleur de la terre au profit de l’air et au détriment des cultures. Pour pallier cette radiation, on a recours à des moyens artificiels tel que des toiles, paillassons, etc. La protection la plus efficace étant constituée par les cloches, les châssis, les serres, et petits tunnels qui, tout en abritant les cultures, emmagasinent la chaleur des rayons solaires dès qu’ils se manifestent.

Utilisation de la chaleur artificielle

Les couches

Les moyens déjà indiqués pour hâter les cultures ou les protéger demeurent encore insuffisants pour satisfaire à tous les besoins. C’est pourquoi on utilise les sources de chaleur artificielle par l’emploi des serres et couches.
Le principe de la couche est d’obtenir un dégagement de chaleur artificielle d’une durée suffisante pour permettre d’une part de conduire des cultures à une époque où la température extérieure reste défavorable, d’autre part d’en activer la végétation.

Le matériel nécessaire à l’établissement d’une couche.

L’élément essentiel de la couche est le fumier auquel on incorpore le cas échéant des débris de végétaux (feuilles, activateur de compost) et qui fournit par fermentation la chaleur recherchée. Le plus souvent, la couche est isolée de l’atmosphère par des châssis posés sur un coffre, à l’intérieur duquel pousseront les plantes à forcer.

Fumier

Du choix du fumier dépendra la valeur de votre couche. Celui de cheval est de loin le meilleur, après le fumier de mouton, en un mot tout fumier chaud qui mis en tas fermente. L’usage du fumier de vache est trop froid, le fumier de porc, trop aqueux, ils ne sont donc pas conseillés.

On peut ajouter au fumier, tout corps dégageant de la chaleur en fermentant, feuilles, gazon, foin en y apportant l’activateur de compost pour favoriser la fermentation.

Les châssis

Le meilleur châssis est celui qui assure le plus de lumière aux plantes en interceptant l’air froid.

Les châssis en bois conservent mieux la chaleur et ce sont ceux-ci qui sont les plus utilisés par les jardiniers et maraichers.

Les coffres

Le coffre est un cadre en bois de forme rectangulaire formé de quatre planches posées sur champ et jointes aux quatre angles, sur quatre pieds. Chaque coffre peut en général recevoir trois châssis. Les coffres peuvent servir aux cultures potagères ou aux plantes décoratives.

Les cloches

Les cloches vous rendront plus grands services là ou vous ne pourriez pas installer de châssis.

Les paillassons

Ils ont pour but essentiel de conserver la chaleur sous les châssis. Ils servent au besoin pour abriter les cultures du soleil ou des gelées.

🌱 Astuce Planète Agrobio pour les paillaissons

Pour les conserver plus longtemps, trempez-les pendant deux heures où une nuit dans une solution de 2 kg de sulfate de cuivre (bouillie bordelaise) dans 10 litres d’eau chaude, vous ajouterez 90 litres d’eau lorsque le sulfate sera complètement dissous.

Confection et entretien des couches

La réussite des cultures sur couche dépend de la façon dont vous préparez les éléments qui composeront vos couches, de la façon dont vous les disposerez, de l’endroit où vous les établirez.

Où dresser les couches ?

Quelle que soit leur importance, les couches doivent être dressées sur un sol sain en bonne exposition, face au Midi si possible et en un endroit facilement accessible pour les transports de fumiers, terreaux, paillassons. Il est à noter qu’une couche ne doit jamais être montée sur un sol gelé.

Préparation du fumier

C’est sur l’emplacement des couches que vous devrez préparer les mélanges de fumiers et autres matières compostables. Faites les mélanges consciencieusement. Répétez-les plusieurs fois et, divisez toujours bien les éléments dont vous allez vous servir. Si possible, faites ce travail 2 ou 3 jours avant le montage des couches pour que la fermentation commence immédiatement et soit par la suite plus égale.

Les mesures

Si vous faites une ligne de châssis, il faut compter pouvoir laisser autour de chacun d’eux une bande de 40 cm que vous aurez de lignes de coffres, ces 40 cm sont destinés aux sentiers. Généralement, la hauteur du fumier des couches varie de 40 cm à 60 cm.

Le montage de la couche

C’est l’opération la plus délicate dans la confection des couches. Vous pouvez les monter.

  1. Par lits successifs de fumier de chacun 15 à 25 cm d’épaisseur
  2. En une seule fois. Cette méthode est préférable. Vous pouvez ainsi monter régulièrement vos couches sans les piétiner sur place. Vous leur donnerez immédiatement toute leur hauteur dès le début.

Le montage terminé, piétinez régulièrement, en plusieurs fois en long puis en travers. Arrosez fortement pour apporter de la fraicheur si vos couches fument beaucoup. Arrosez peu dans le cas contraire.

Pose des coffres

Disposez-les, comme il a été dit face au Midi en enterrant les pieds. La forme même des coffres permet d’obtenir une inclinaison nécessaire à l’écoulement des eaux et une meilleure captation des rayons solaires. Recouvrez le fumier d’une épaisseur de 12 cm de terre ou mieux de compost ou de lombricompost potager sur lesquels seront affectés le semis ou plantations.

En regardant des cultures que vous vous proposez de faire, respectez une distance suffisante entre le vitrage et la surface de la couche. Vous pouvez alors placer les châssis.

Vous pouvez également mettre votre couche en terre, l’empreinte du coffre représente dans ce cas la surface à creuser sur une profondeur de 25 cm. Le vide est alors comblé par du fumier recouvert à son tour d’une couche de terre de 12 -15 cm.

Réchauds

On appelle réchauds de lits de fumier de cheval dont on entoure les coffres pour s’opposer aux déperditions de chaleur qui se produiraient inévitablement. Ceux-ci, pour produire tout leur effet, doivent être bien tassés et établis jusqu’à la hauteur du châssis. Lorsque la température de la couche devient trop faible, les réchauds sont démolis et remplacés par de nouveaux établis avec du fumier neuf.

Coup de feu

Quelques jours après le montage des couches, il se produit dans cette masse un violent dégagement de chaleur. C’est ce qu’en jardinage, on appelle le « coup de feu ». Celui-ci dure 2 ou 3 jours. Les couches peuvent être ensemencées ou plantées quand la température est redescendue autour de 35°C de chaleur maxima.

Soins et entretien

Pour limiter la déperdition de chaleur dans les couches, il est indispensable pendant les froids de recouvrir les châssis de paillassons. Il faut les utiliser également pendant les nuits fraiches, les retirer durant le jour dès que la température le permet, ceci afin de ne pas priver les plantes de lumière.

Étendez vos paillassons pendant les journées d’été afin de protéger de l’ardeur du soleil les cultures sous châssis. Aérez, suivant les circonstances et les cultures aussi souvent que possible du coté opposés à celui d’où vient le vent. Au début de tous semis ou plantations, redoublez de vigilance en raison de la chaleur qui se dégage.

Couche chaudes et tièdes

Plus vous mettrez de fumier dans vos couches, plus leur chaleur sera élevée à un moment donné. Plus vous ajouterez au fumier des feuilles, gazon, foin, herbes, plus leur chaleur sera modérée et soutenue

Les couches chaudes sont généralement composées de deux tiers de fumier frais de cheval et un tiers de feuilles mortes, leur chaleur moyenne est ensuite de 18 à 20 °C.

Les couches tièdes se composent de moitié de fumier frais de cheval et moitié de feuilles lortes, leur chaleur moyenne est de 12 à 15°c

Couches sourdes

Celles-ci se rapprochent quelque peu des couches enterrées. Vous creusez une tranchée profonde de 30 cm environ, large de 75 cm. Vous comblez le vide formé par un mélange d’une partie de fumier chaud pour deux de fumier frais ou de feuilles, recouvrant alors celui-ci de terre sur une épaisseur de 15 cm. Les cultures seront abritées par des châssis ou des cloches. Les couches sourdes, qui fournissent moins de chaleur que les précédentes, permettant cependant de réussir les semis de certaines variétés à une époque où il serait encore prématuré de les faire en pleine terre.

Couche de retourne

La couche de retourne est une couche dont le fumier vient de supporter une première récolte qui ne l’a pas épuisée. Retirez de dessus cette couche, coffre et châssis, puis le terreau ou lombricompost potager que vous réemploierez.
Démontez la couche par le côté ou vous l’aviez terminée, puis rebrasez en y ajoutant du fumier neuf et chaud. Vous la remontez sur le même emplacement comme une couche ordinaire.

La chaleur que produira cette couche sera plus douce mais plus longue durée que celle de la couche au fumier neuf. C’est un avantage appréciable en culture forcée.

Utilisation des châssis

Les châssis sont très employés mais souvent remplacés aujourd’hui par de petit tunnel en plastique. Ils restent la référence pour effectuer les semis d’espèces délicates ou dont on veut hâter la récolte. On les utilise également pour les repiquages en pépinière des jeunes plants jusqu’à ce que ceux-ci soient suffisamment forts pour être plantés.

Ils permettent d’autre part de récolter en primeurs certaines variétés de radis, laitues, carottes etc rendent possible la culture sous des climats défavorables d’espèces telles que melons, aubergines, etc.

Enfin, les châssis et petits tunnels représentent durant la période d’hiver des abris sûrs pour les plantes délicates.