Comment lutter contre la Cheimatobie ?

lutte cheimatobie Operophtera brumata

La Cheimatobie (Operophtera brumata) est un papillon nocturne dont la larve, une chenille arpenteuse verte, s’attaque à de nombreux arbres fruitiers. Dans les vergers et les jardins, cet insecte polyphage représente un danger pour les cultures d’arbres fruitiers comme les pommiers, poiriers, abricotiers et d’autres arbres et arbustes. Nous vous proposons de mieux comprendre ce lépidoptère, les dégâts qu’il provoque et d’adopter les bonnes mesures de lutte biologique.

Description de Operophtera brumata

Scientifiquement nommée Operophtera brumata, la Cheimatobie est un insecte lépidoptère qui appartient à la famille des Geometridae, également appelés phalènes.

Parmi ses noms communs de cet insecte, on retrouve les noms de Phalène brumeuse, la Phalène hiémale ou encore l’Arpenteuse tardive lorsqu’elle est au stade chenille.

Cet insecte est présent à travers l’Europe, une partie de l’Asie et même l’Amérique du Nord où il a été introduit.

La Cheimatobie est une espèce hivernante dont l’activité se déploie principalement pendant la période froide.

Description physique du ravageur

L’adulte de la Cheimatobie présente un fort dimorphisme sexuel. Les mâles mesurent entre 8 et 10 mm de long, avec une envergure de 20 à 30 mm. Ils sont de couleur terne, arborant des nuances de brun-gris. Les femelles sont incapables de voler en raison de leurs ailes atrophiées. Elles ont par une couleur brun foncé parsemée de taches jaune-brunâtre, et possèdent un corps arrondi porté par de longues pattes, ce qui peut parfois les faire confondre avec des araignées.

Les œufs de la Cheimatobie sont initialement de couleur vert pâle, virant au rose ou rouge orangé après quelques jours. Ils sont généralement déposés isolément ou en petits groupes dans les crevasses de l’écorce ou à la base des bourgeons.

Au stade larvaire, les chenilles mesurent entre 25 et 30 mm. Elles sont d’un vert clair, parfois jaunâtre. Leur mode de déplacement est caractéristique : elles se plient et se déplient, ce qui leur vaut le nom de chenilles arpenteuses.

La nymphe, quant à elle, se trouve dans une coque terreuse à une profondeur de 5 à 10 cm dans le sol.

Biologie et cycle de vie de la cheimatobie

Les adultes émergent entre octobre et décembre. Le froid ralentit leur apparition, bien que ces insectes tolèrent des températures allant jusqu’à -15°C. Les femelles, dépourvues d’ailes fonctionnelles, grimpent sur les troncs des arbres pour s’accoupler et pondre. Chaque femelle peut pondre en moyenne 120 œufs.

Les œufs entrent en diapause jusqu’au printemps. Ils éclosent entre mars et avril. À ce stade, les jeunes chenilles commencent par attaquer les bourgeons, puis, à mesure qu’elles grandissent, elles s’en prennent aux fleurs et aux feuilles. Durant leurs 40 jours de développement, elles passent par cinq stades larvaires.

De fin mai à début juillet, les chenilles se laissent tomber au sol pour s’y enfoncer et se nymphoser, amorçant alors une longue phase de diapause estivale.

Quelles sont les plantes hôtes ?

La Cheimatobie est une espèce polyphage, capable de s’attaquer à un large éventail de plantes sauvages et cultivées. Parmi ses principales cibles, on retrouve les arbres fruitiers suivants :

  • abricotier (Prunus armeniaca)
  • cerisier
  • prunier (Prunus spp.)
  • pommier (Malus pumila)
  • groseillier
  • cassissier (Ribes spp.)

Quels sont les dégâts sur les cultures ?

Les chenilles de la Cheimatobie peuvent provoquer une défoliation importante des arbres. Elles laissent derrière leur passage des perforations visibles sur les feuilles, à l’exception des nervures principales. Elles peuvent également détruire les bouquets floraux, ce qui compromet la fructification.

Les chenilles peuvent aussi s’attaquer aux fruits. Les jeunes fruits prennent alors une coloration grisâtre. Ceux plus anciens présentent des cavités creusées par ces dernières.

Les conditions favorables à une forte prolifération de ce ravageur sont un été pluvieux suivi d’un automne doux et humide.

Quelles méthodes de lutte contre la Cheimatobie ?

L’une des méthodes consiste à installer des bandes-pièges engluées autour des troncs d’arbres. Elles empêchent les femelles de grimper et de pondre.

La mise en place de nichoirs à mésanges est une autre méthode naturelle de lutte. Ces oiseaux sont friands des chenilles, ils contribuent par conséquent à réduire naturellement la population des Operophtera brumata.

Le travail du sol entre mai et juillet est également recommandé pour détruire les nymphoses des chenilles.

En cas d’infestation faible, il est possible de retirer les chenilles à la main, en prenant soin de porter des gants.

Les solutions biologiques développées par Planète Agrobio contre les Cheimatobie :