Lorsqu’un pommier se couvre de soie, qu’il semble enveloppé dans une toile étrange et que ses jeunes feuilles disparaissent prématurément, il est possible que vous ayez affaire à l’hyponomeute du pommier, aussi appelée teigne du pommier. Même si ce ravageur n’est pas le plus fréquent, ses attaques sont spectaculaires et peuvent affaiblir durablement l’arbre. Voici comment l’identifier, comprendre son cycle et adopter une réponse efficace et respectueuse du jardin.
Description de l'Hyponomeute du pommier
L’hyponomeute du pommier, ou teigne du pommier, porte le nom scientifique Yponomeuta malinellus. Il appartient à l’ordre des Lépidoptères. Ce petit insecte nocturne fait partie du groupe des teignes, connues pour leur discrétion mais aussi pour les dégâts parfois spectaculaires qu’elles laissent derrière elles.
Le terme “hyponomeute” vient du grec ancien huponomeutès, qui signifie « celui qui travaille sous terre ». Ce nom reflète bien le comportement des jeunes chenilles qui vivent cachées, creusant les feuilles de l’intérieur avant de se révéler au grand jour. Bien que ce ravageur soit peu fréquent, il attire l’attention lorsqu’il tisse ses grands nids de soie en bout de rameaux.
Morphologie de l'hyponomeute du pommier
Une fois adulte, l’hyponomeute du pommier est un petit papillon qui mesure entre 16 et 23 mm d’envergure. Ses ailes antérieures sont blanches, parsemées de petits points noirs, tandis que ses ailes postérieures sont grisâtres et légèrement frangées. Deux points noirs bien visibles derrière la tête permettent parfois de le reconnaître, bien qu’il soit souvent difficile de le différencier des autres espèces du même genre sans une observation attentive, notamment des organes reproducteurs.
La chenille, plus facile à observer au jardin, affiche une robe jaune paille au premier stade, marquée de points noirs sur les flancs et d’une tête noire bien nette. À maturité, elle atteint environ 18 à 20 mm. Son corps est couvert de poils très fins, invisibles à l’œil nu. Vous la verrez rarement seule : elle vit en groupe, formant des nids communautaires en soie, généralement suspendus au bout des rameaux qu’elle dévore avec ses congénères.
Quelles sont les plantes attaquées par l'hyponomeute du pommier ?
L’hyponomeute du pommier s’attaque principalement :
- Au pommier
- Au poirier, dans une moindre mesure
Certaines espèces proches ciblent d’autres arbres fruitiers comme le prunier, l’amandier ou encore l’aubépine, mais elles sont distinctes d’Yponomeuta malinellus.
Lutte biologique contre l'hyponomeute du pommier
Nous développons des solutions qui permettent de lutter contre les ravageurs comme l’hyponomeute du pommier :
- Application du Biostimulant bio arbres fruitiers : chez planète agrobio , nous avons tendance à dire que c’est le premier rempart contre les ravageurs et maladies. Application foliaire à l’aide d’un pulvérisateur.
Traitement bio insecticide :
Nous vous recommandons d’associer ces deux solutions pour une meilleure efficacité. Pour 5 litres de bouillie : mélangez le traitement bio pucerons et araignées rouges 500 ml + 50 ml Savon noir puis on complète par 4.5 litres d’eau.
Application dès le début du mois d’avril à juillet, tous les 14 à 21 jours en pulvérisation foliaire à l’aide d’un pulvérisateur.
Autres actions :
- Les nids sur les jeunes plantations peuvent être supprimés manuellement car ils ne sont pas urticants.
- Installation de nids à mésanges
- Introduire des hôtels à insectes pour encourager la présence de prédateurs naturels comme les guêpes parasitoïdes
Dégâts causés par l'hyponomeute du pommier
Les attaques de l’hyponomeute du pommier évoluent en deux grandes phases, qui correspondent aux stades de développement de la chenille. À chaque étape, les symptômes sont bien distincts, ce qui permet de repérer facilement la présence du ravageur si vous êtes attentif.
Au premier stade, juste après la sortie de diapause au printemps, les jeunes chenilles s’installent à l’intérieur des feuilles. Vous remarquerez alors :
- des feuilles brunies ou boursouflées, parfois perforées de petites galeries,
- des traces visibles en transparence, témoignant de leur activité entre les deux épidermes.
À ce moment, les chenilles restent bien cachées dans les tissus foliaires. Mais très vite, elles gagnent en taille et en voracité.
Le second stade, qui intervient entre fin mai et juin, est le plus impressionnant. Les chenilles quittent les feuilles pour former des nids de soie en bout de rameaux. Ces toiles sont faciles à repérer et abritent souvent des dizaines de larves. À ce stade, vous constaterez :
- une défoliation marquée, surtout sur les jeunes pousses,
- la présence de fruits enfermés dans les nids, parfois mordillés ou déformés.
L’impact des attaques varie beaucoup d’une année à l’autre. Certains printemps peuvent passer inaperçus, tandis que d’autres laissent des arbres dénudés, affaiblis, et des récoltes abîmées. Les périodes les plus sensibles se situent autour de la floraison et durant le développement des fruits, lorsque l’arbre mobilise toute son énergie pour produire. Une infestation à ce moment-là peut perturber la croissance et réduire la qualité des fruits.
Observation et diagnostic
Si vous souhaitez détecter la présence de l’hyponomeute du pommier à temps, le meilleur moment pour observer vos arbres s’étend de mai à juillet. Une observation hebdomadaire suffit généralement pour repérer les premiers signes d’infestation.
Commencez par examiner attentivement les feuilles. Lors de la première phase larvaire, vous pourrez repérer des déformations, des zones brunies ou encore des galeries internes. Ces traces sont souvent visibles en transparence. À mesure que les chenilles grandissent, dirigez plutôt votre regard vers les extrémités des rameaux. Vous y verrez de véritables nids de soie, parfois volumineux, dans lesquels se regroupent les larves. C’est à ce stade que les dégâts deviennent visibles à l’échelle de l’arbre. Une observation régulière permet d’intervenir à temps, avant que les défoliations ne s’accentuent.
Cycle de vie de Yponomeuta malinellus
L’hyponomeute du pommier ne produit qu’une seule génération par an. Tout commence à la fin de l’été, généralement entre juillet et août, lorsque les adultes prennent leur envol à la faveur des soirées chaudes. C’est à ce moment que les accouplements ont lieu. Chaque femelle peut ensuite pondre entre 20 et 90 œufs, regroupés en petites plaques déposées à l’extrémité des rameaux. Ces œufs sont soigneusement protégés par une sécrétion collante qui les fixe et les isole.
Les éclosions surviennent en septembre, mais les jeunes chenilles ne sortent pas tout de suite. Elles entrent immédiatement en diapause et passent tout l’hiver à l’abri, bien au chaud dans leur plaque d’œufs. Ce n’est qu’au mois de mai que vous verrez apparaître les premières larves actives.
La première phase larvaire commence dès leur sortie de l’ooplaque. Les chenilles percent la feuille et s’installent à l’intérieur, où elles creusent de fines galeries entre les deux épidermes. Si vous regardez de près, vous pourrez observer ces galeries par transparence. Vers la fin du mois de mai, elles entament leur seconde phase de développement. Elles quittent alors les feuilles pour tisser de larges nids de soie aux extrémités des branches. À partir de là, elles consomment massivement le feuillage, et peuvent même s’attaquer aux jeunes fruits.
La transformation en chrysalide s’effectue à l’intérieur du nid. C’est là que se prépare la future génération, qui émergera sous forme de papillon quelques semaines plus tard, refermant ainsi le cycle.
Photo : Shutterstock


