Au potager comme en grande culture, certaines petites bêtes peuvent faire de grands dégâts. C’est le cas de la teigne des crucifères, un papillon dont les larves s’attaquent sans relâche aux feuilles des choux, brocolis ou encore du colza. Plutella xylostella s’est répandue aux quatre coins du monde, portée par sa capacité à migrer sur de longues distances et à se reproduire rapidement. Présente aussi bien en plein champ que sous abris, cette espèce s’est forgé une solide réputation : celle d’un ravageur tenace, capable de réduire drastiquement les rendements et de résister à de nombreux insecticides. Comment l’identifier ? Et comment lutter grâce à des remèdes biologiques ? Nos explications.
Identification de la teigne des crucifères
Originaire d’Europe, Plutella xylostella s’est largement diffusée à travers le globe. Elle est aujourd’hui présente sur tous les continents où poussent des crucifères, aussi bien en plein champ que sous abris. Cette large répartition s’explique par sa capacité d’adaptation et sa mobilité impressionnante, renforcées par une résistance croissante aux traitements chimiques.
On la reconnaît à l’état adulte à son petit corps effilé, à ses ailes antérieures marron bordées de franges et marquées d’une bande dorsale claire évoquant une série de losanges. D’ailleurs, les anglophones l’appellent Diamondback moth. Au repos, ses ailes sont repliées en toit.
Quelles sont les plantes hôtes de la teigne des crucifères ?
La teigne des crucifères ne laisse que peu de répit aux plantes de la famille des Brassicaceae. Elle se nourrit exclusivement de ces espèces, ce qui en fait un ravageur spécialisé mais d’autant plus redoutable lorsqu’une parcelle entière est dédiée à cette famille botanique.
On la retrouve ainsi sur des légumes très courants au potager comme le chou cabus, le chou-fleur, le brocoli, mais aussi sur des cultures industrielles comme le colza. Des variétés asiatiques telles que le Pak choï ou le Pe-tsaï sont aussi concernées, tout comme des espèces plus rustiques comme le cresson de terre.
Comment reconnaître les dégâts causés par la teigne des crucifères ?
Les premiers signes d’infestation passent habituellement inaperçus. Les jeunes chenilles s’attaquent à la face inférieure des feuilles, grignotant le limbe tout en laissant intacte la cuticule supérieure. Il en résulte un effet translucide qui évoque des fenêtres dans le feuillage. Au fil des jours, les dégâts s’amplifient : des trous et découpes nettes apparaissent, parfois jusqu’à la consommation complète de la feuille, surtout en cas de forte pression.
Les jeunes plants sont particulièrement vulnérables. Une attaque massive peut provoquer leur dépérissement.
Sur les cultures destinées à la vente, l’impact esthétique est important, avec des pertes économiques directes. Les fleurs et jeunes fruits peuvent aussi être touchés.
Quels traitements biologiques contre la teigne des crucifères ?
Contre la teigne des crucifères, nous vous recommandons d’abord l’application d’un biostimulant :
- Biostimulant légume du potager : c’est le premier rempart contre les ravageurs, il permet de renforcer les tissus des plantes et grâce à l’apport de l’acide salicylique, il déclenche le mécanisme de défenses des plantes. Un atout majeur pour lutter contre les ravageurs
Vous pouvez aussi utiliser des pièges pour une luttre biologiqu contre la teigne des crucifères :
- Piège ATRAP
- Piège DELTAP Lépidoptères
- Recharge plaque engluée blanche DELTAP (La changer dès qu’elle est souillée par la trop grande présence du ravageur, poussières et débris de végétaux afin qu’elle joue son rôle pleinement)
- Phéromones : Teignes des crucifères (Plutella xylostella) : elles doivent être changées toutes les 5 semaines
- Plaque engluée jaune COLTRAP 2 faces 25 X 10 cm
- Plaque engluée jaune COLTRAP 2 faces 25 X 40 cm
Notre conseil pour l’utilisation du piegegage de la teigne des crucifères au potager ?
Utilisez le piège ATRAP, piège DELTAP ou simplement avec les plaques engluées jaunes avec l’apport de la phéromone Teignes des cruciféres (Plutella xylostella) : ils doivent être suspendus au début du printemps (mai jusqu’à octobre) à la hauteur du légume cultivé (Choux) à l’aide d’une barre de support (piquet en bois, fer…) , remonter celle-ci à chaque fois que celui se développe afin d’avoir une meilleure capture du ravageur : 1 piège par culture.
Le traitement insecticide bio pucerons et araignées rouges doit être appliqué dès que vous observez un nombre au-delà de 5 individus collés ou pris dans le piège.
Si vous observez la présence de la teigne des crucifères grâce au piégeage, nous vous recommandons d’appliquer les solutions insecticides bio et naturel suivants :
Notre conseil : dose d’application pour 1 litre de solution : 100 ml Traitement bio pucerons et araignées rouges + 10 ml savon noir + 890 ml d’eau, multiplier les doses en fonction du volume de bouillie désiré.
En prévention contre la teigne des crucifères
Pour limiter les infestations de teigne des crucifères tout en respectant les équilibres naturels du jardin, plusieurs actions complémentaires peuvent être mises en œuvre :
- Choisir des variétés tolérantes de choux, en se renseignant auprès des semenciers sur les lignées moins sensibles.
- Contrôler l’état sanitaire des plants avant leur mise en culture afin de ne pas introduire de larves ou d’œufs.
- Déployer des toiles anti-insectes sur les rangs en pleine terre, en pépinière, ou sur les ouvertures des serres si les conditions climatiques le permettent.
- Effectuer des aspersions d’eau en soirée, afin de désorienter les papillons adultes et de faire tomber les chenilles.
- Mettre en place des pièges à phéromones à l’extérieur des abris, pour suivre l’évolution des populations et adapter les interventions en conséquence.
Morphologie de la teigne des crucifères
L’adulte est un petit papillon de 12 à 17 mm d’envergure. Ses ailes antérieures sont étroites, marron avec des franges bien visibles. Une ligne claire formant parfois de petits losanges longe son dos. Les ailes postérieures, grises et frangées également, se replient au-dessus du corps lorsqu’il est au repos.
La larve, forme la plus dommageable, est une chenille verte, parfois teintée de jaune pâle. Mesurant jusqu’à 1 cm, elle est couverte de poils courts et de minuscules taches blanches. Très vive, elle se laisse tomber au sol lorsqu’on la dérange. Elle ronge le limbe des feuilles, épargnant généralement les nervures principales.
La chrysalide mesure environ 8 mm. Elle est enveloppée dans un cocon soyeux blanc, bien protégé sur la plante ou à proximité. Sa couleur passe du jaune au brun avec le temps. Les œufs, quant à eux, sont jaunes, aplatis, pondus à la surface des feuilles en petits groupes discrets.
Cycle biologique de Plutella xylostella
La teigne des crucifères enchaîne plusieurs générations par an. Entre trois et six générations peuvent se succéder de fin mai à octobre, selon les conditions climatiques. Chaque femelle peut pondre jusqu’à 288 œufs en dix jours, assurant une relève continue.
L’éclosion des œufs intervient rapidement, entre trois et huit jours. Les chenilles passent par cinq stades larvaires, généralement en une semaine. La nymphe s’abrite dans un cocon soyeux, souvent fixé sur la plante.
La dispersion est facilitée par les vents, permettant à l’espèce de coloniser de nouvelles zones, même éloignées. En hiver, elle peut survivre à l’état larvaire, bien abritée dans son cocon, prête à reprendre son activité dès le retour des températures favorables.


