Psylle de l’olivier : dégâts et lutte biologique

psylle de l'olivier Euphyllura olivina

Le psylle de l’olivier, Euphyllura olivina, est un ravageur typique des oliveraies. Bien qu’il soit considéré comme secondaire, sa présence répétée peut fragiliser les arbres et compromettre la fructification. Découvrons les dégâts qu’il peut causer, comment bien l’identifier, et surtout, comment lutter avec des solutions biologiques efficaces.

Description du psylle de l’olivier

Le psylle de l’olivier appartient à la famille des Psyllidae, au sein de l’ordre des Hémiptères. Originaire du bassin méditerranéen, cet insecte a trouvé dans les oliviers son unique plante hôte. Il ne s’attaque à aucune autre culture, ce qui en fait un ravageur très spécifique mais bien adapté aux vergers d’oliviers.

Il s’agit d’un insecte piqueur-suceur, qui se nourrit de la sève circulant dans les tissus végétaux. En France, Euphyllura olivina est considéré comme un ravageur secondaire. Pourtant, dans certains contextes, notamment lors de printemps doux ou de déséquilibres biologiques, il peut provoquer des dégâts importants, notamment lors des phases florales. Sa présence est donc à surveiller de près, particulièrement au moment de la formation des inflorescences.

Morphologie du psylle de l’olivier

L’adulte du psylle de l’olivier mesure entre 2,5 et 3 millimètres. Il se distingue par un corps robuste, une tête inclinée vers l’avant et une couleur variant du vert clair au brun-verdâtre. Ses ailes sont repliées en toit au repos et présentent une nervation bien marquée. Avant de s’envoler, il effectue généralement un saut, ce qui le rend difficile à observer en mouvement.

Les œufs, minuscules, sont fixés aux jeunes parties de l’olivier grâce à un pédicelle. Ils mesurent environ 0,35 mm de long et changent de couleur au fil du temps : blanchâtres au moment de la ponte, ils deviennent jaune orangé à l’approche de l’éclosion.

Les larves passent par cinq stades avant de devenir adultes. Leur corps jaune pâle est recouvert de sécrétions cireuses filamenteuses très visibles sur l’arbre. Ces larves se nourrissent exclusivement de la sève de l’olivier, qu’elles prélèvent au niveau des jeunes pousses. Leur présence s’accompagne d’une forte production de miellat, une substance sucrée qui attire les champignons responsables de la fumagine.

Quels sont les dégâts causés par le psylle de l’olivier ?

Les dégâts causés par le psylle de l’olivier dépendent de la densité de population et de la période d’activité. Les piqûres infligées par les adultes et les larves pour prélever la sève affaiblissent les jeunes tissus et réduisent la vigueur de l’arbre. Les effets directs restent souvent modérés, sauf lors de la floraison, période où l’insecte cible les hampes florales.

C’est au cours de la deuxième génération que les pertes peuvent devenir notables. Les piqûres sur les fleurs provoquent leur avortement, ce qui réduit significativement la production d’olives. En parallèle, les sécrétions cireuses donnent aux rameaux un aspect cotonneux peu esthétique et les excrétions sucrées attirent la fumagine. Ce champignon noirâtre recouvre alors les feuilles et bloque la photosynthèse, aggravant encore l’état sanitaire de l’arbre.

Quelles solutions de lutte contre le psylle de l’olivier ?

  • Biostimulant olivier : c’est le premier rempart contre les maladies et ravageurs de l’olivier. Application foliaire à l’aide d’un pulvérisateur

En application foliaire (sur les feuilles, tronc, rameaux de l’olivier) : 

Cycle de développement de Euphyllura olivina

Le psylle de l’olivier réalise généralement trois générations par an, parfois une quatrième en fonction des conditions. La première génération commence au printemps, en mars-avril, dès que les températures deviennent plus clémentes. C’est à ce moment que les adultes hivernants émergent de leur cachette dans les anfractuosités du tronc pour commencer la ponte.

La deuxième génération, active entre mai et juin, est la plus dommageable. Elle vise principalement les inflorescences et les boutons floraux, des tissus particulièrement sensibles. Au-delà de 27 °C, l’activité du ravageur diminue fortement. L’insecte entre alors dans une phase de repos estival.

Une reprise d’activité est généralement observée au début de l’automne. La troisième génération se développe à partir de septembre. Une quatrième peut parfois émerger en fin d’année, bien que cela reste occasionnel. Chaque femelle est capable de pondre plus d’un millier d’œufs, un à quelques œufs à la fois, ce qui peut rapidement engendrer des pullulations si les conditions sont favorables.

Conditions favorables à son développement

Plusieurs facteurs peuvent favoriser la multiplication du psylle de l’olivier. Une fertilisation trop riche en azote entraîne une croissance exubérante des jeunes pousses, très appréciées des larves pour leur sève abondante. Les printemps doux prolongent la période de ponte et raccourcissent les cycles de développement, permettant à davantage de générations de se succéder.

L’absence de prédateurs naturels est également une cause de déséquilibre. Si les auxiliaires du jardin, comme certains hyménoptères ou coccinelles, ne sont pas présents en nombre suffisant, le psylle peut proliférer sans régulation. Il est donc important de favoriser la biodiversité au verger pour maintenir l’équilibre biologique et limiter naturellement les populations de ce ravageur.