Les primevères rustiques dans les jardins

primevère des jardins

Dans nos bois, prés et jardin, les bouquets de fleurettes jaunes appelés “coucou” sont, avec les gracieuses Anémones sylvie, les premiers annonciateurs du printemps. Les coucous sont les fleurs de la primevère officinale ou Primula veris ou souvent aussi par confusion celle d’une autre espèce très voisine, mais un peu moins répandue, la primevère elatior. On ne trouve guère la primevère elatior dans les bois mais seulement dans les prés humides. Elle se différencie de la primevère officinale par ses fleurs plus grandes.

Espèces de primevères du jardin

Découvrons quelques-unes des espèces de primevères rustiques.

Primevère Officiel et elatior

Vraisemblablement de l’hybridation de ces plantes voisines sont nées, il y a bien longtemps, les primevères des jardins. Comment celles des primevères officinale et elatior, les fleurs de la primevère des jardins sont réunies en bouquets de 8 à 12 fleurs, parfois davantage au sommet de hampes florales droites de 10 à 20 centimètres de hauteur.

Ces fleurs s’épanouissent de mars à mai. Elles sont des coloris très variables, rarement unis, le plus souvent panachées, ponctuées, marginées ou maculées. Les tonalités qui entrent dans ces diverses combinaisons sont principalement les jaunes et blancs jaunâtres, les rouges, les violets produisant donc des teintes cuivrées, mordorées, briques, brunâtres, pourprés.

Primevère Gold Laced

Un des coloris particulièrement apprécié à une certaine époque en Angleterre, aujourd’hui, son engouement ne s’est jamais déprécié, se reproduit assez facilement de semis et constitue la variété à fleurs brun noir liséré de jaune (primevère Gold laced).

Les primevères des jardins ont aussi produit par accident une variété d’ailleurs plus curieuse que jolie, chez laquelle le calice des fleurs ayant pris les caractères de forme et de couleur d’une corolle, les fleurs semblent formées de deux corolles emboitées l’une à l’autre.

Primevère acaule

Une autre espèce indigène a aussi donné naissance à des plantes très précieuses pour la décoration printanière des jardins, c’est la primevère acaule ou Primevère à grandes fleurs. À l’état spontané, on la rencontre dans les bois et surtout dans les prés du nord-ouest, de l’ouest de la France et du bassin du Rhône. Comme celles de ses congénères, ses fleurs sont jaunes, mais comme son nom l’indique, plus grandes. Elles ne sont pas en outre réunies en bouquet au sommet d’une hampe mais portées chacune par un pédoncule de 5 à 15 centimètres de longueur environ, né directement de la touffe.

Cette primevère a produit dans les jardins des fleurs de toutes couleurs : blanches, jaunes, roses, carminées, mauves, violacées… Ces couleurs sont plus franches et gaies que celles de l’espèce précédente et le plus souvent juxtaposée au nombre de deux seulement sur chaque fleur, une au centre formant gorge et une autre pour le reste de la fleur.

Les primevères acaules sont encore plus hâtives que les primevères des jardins et il n’est pas rare d’en voir en fleurs en janvier-février pendant les périodes douces. Leur floribondité est d’ailleurs extraordinairement abondante, aussi sont-elles excessivement précieuses pour la formation des gazons naturels, sous-bois, prairies.

Elles affectionnent surtout les terrains forts et humides dans lesquels elles se reproduisent aisément, formant des tapis fleuris du plus abondant effet.

Les préférences culturales des primevères des jardins sont les mêmes que celles des primevères acaules mais elles ne se reproduisent pas spontanément de semis aussi facilement et sont surtout employées, étant donnée leur taille pour la plantation des plates-bandes, jardinières, parterres.

De toutes les primevères rustiques, celles qui ont connu la plus grande vogue sont les primevères auricules (Primula auricula) pourtant passablement délaissées aujourd’hui. Elles ne sont pourtant pas sans intérêt et descendante d’une espèce indigène de nos montagnes du Jura et des Alpes. C’est encore dans les jardins alpins ou de rocailles qu’elles trouveront leur place la mieux appropriée. Leurs feuilles sont un peu charnues, tantôt lisses, tantôt recouvertes d’une poussière farineuse et c’est à ce fait qu’elles doivent leur nom vulgaire d’oreille d’ours. Comme celles des primevères des jardins, leurs fleurs sont groupées par bouquets à l’extrémité de hampes florales rigides de 10 à 20 centimètres de hauteur. Ces bouquets comptent 8 à 20 fleurs et parfois même davantage. Dans l’espèce indigène ces fleurs sont jaunes, odorantes, chez les variétés cultivées, elles sont de coloris divers et également odorantes.

Les principaux de ces coloris sont le bleuâtre, le noir velouté, le brun, le pourpre, le jaune orangé, le chamois, le vert olive et le blanc mat. Ils sont le plus souvent disposés en zones concentriques, tantôt nettement tranchées, tantôt dégradées. Il en existe aussi des variétés à fleurs doubles très belles mais moins vigoureuses que les simples.

Culture des primevères

Les primevères auricules sont peu sensibles au froid mais par contre redoutent les alternances de gel et dégel ainsi que l’humidité excessive ou par contre les vents desséchants. Pour toutes ces raisons, il faut les planter en terre légère, à exposition mi ombragée.

La plupart des variétés supporteront aisément les hivers moyens n’étant protégées que par quelques feuilles, d’autres au contraire seront de préférences cultivées en pots afin de pouvoir les rentrer en serre froide ou véranda au début de l’hiver.

De nombreuses autres espèces de primevères trouver leur place dans les jardins, telles la primevère du Japon (Primula japonica) à fleurs violet rougeâtre très nombreuses, groupées par 2, 3, 4 étages sur des hampes hautes de 25 à 30 centimètres mais imparfaitement rustiques et qu’il faudrait plutôt cultiver comme bisannuelle, primevère pulvérulente (Primula pulverulenta), de la Chine occidentale voisine de la précédente la primevère farineuse (Primula farinosa) des Alpes à toutes petites fleurs rose qui convient pour la plantation en jardin de rocaille et enfin la primevère denticulée (Primula denticulata) du Népal. Celle-ci parfaitement rustique mérite d’être associé dans les jardins aux primevères acaule et des jardins. Ses fleurs d’un joli mauve lilacé sont réunies en inflorescences terminales de forme presque sphérique du plus gracieux effet se succédant de mars à fin mai. La primevère denticulée réunit bien, elle aussi, à exposition mi-ombragées mais de préférence en sol un peu humifère et sablonneux, en tout cas pas trop imperméable. On utilisera donc avantageusement ces primevères dans les talus, les rocailles, les bordures ainsi qu’en groupes et en massifs dans les jardins.

Plantation des primevères

La plantation de toutes ces primevères peut se faire entre octobre et mars, en espaçant les touffes de 30 centimètres environ.

Comme celles de toutes les plantes vivaces, la floraison des primevères n’est que temporaire mais comme leur nom le dit d’ailleurs (primus, premier ; veris, printemps) elle est dans nos jardins l’annonciatrice du printemps.

Si vos primevères semblent affecter par une maladie, découvrez notre article sur les maladies des primevères.