Nervation noire du chou : causes, dégâts et traitements naturels

nervation noire des choux

Si vous cultivez des choux, des brocolis ou des radis, vous pourriez bien avoir affaire à la nervation noire, une maladie bactérienne redoutée par les jardiniers du monde entier. Cette maladie peut provoquer flétrissement, pourriture et pertes au moment de la récolte. Apprenons à reconnaître les symptômes, mieux comprendre comment cette maladie s’installe et surtout comment l’éviter, naturellement, sans traitements agressifs et avec des solutions naturelles…et efficaces !

Qu’est-ce que la nervation noire du chou ?

Cette maladie, qu’on appelle aussi pourriture noire des crucifères, est causée par une bactérie : Xanthomonas campestris pv. campestris. Elle a été décrite pour la première fois en 1889, dans le Kentucky, et depuis, elle s’est installée partout où l’on cultive des Brassicacées.

Le potager familial n’est pas épargné. Elle s’observe surtout en plein champ, beaucoup plus rarement sous abri, et provoque des dégâts parfois visibles jusqu’au stockage, lorsque les légumes commencent à se dégrader avant même d’avoir été cuisinés.

Dans les régions chaudes et humides, comme sous les climats tropicaux ou subtropicaux, la nervation noire fait des ravages. Mais elle est aussi bien présente dans nos jardins tempérés. D’autres bactéries du même genre, comme Xanthomonas pv. armoraciae, peuvent elles aussi s’inviter sur vos choux, rendant le diagnostic parfois complexe. Ce qui est certain, c’est que si vos feuilles jaunissent et que leurs nervures virent au noir, il est temps d’enquêter.

Quelles sont les plantes hôtes ?

La nervation noire aime toute la grande famille des Brassicacées. En tête de liste : les choux, bien sûr, qu’ils soient pommés, frisés ou de Bruxelles. Mais elle s’attaque aussi au brocoli, au chou-fleur, au navet ou au colza. Même les plantes souvent oubliées au fond du carré, comme le rutabaga ou la moutarde, peuvent héberger la maladie.

Les radis, que vous semez peut-être en bordure, sont aussi des cibles. Et dans les parcelles laissées un peu en friche, certaines adventices comme l’arabette des dames jouent un rôle de relais discret. La présence d’une plante infectée peut suffire à contaminer tout un rang de légumes en pleine santé. Si vous cultivez plusieurs Brassicacées dans un même espace, restez attentif : cette maladie sait se faire une place dans tous les recoins du potager.

Quels sont les symptômes de la nervation noire du chou ?

Les symptômes varient selon la plante, son stade de croissance ou encore les conditions météo. Pour vous aider à repérer cette maladie dans votre potager, voici les signes à surveiller :

  • Des lésions en “V” sur les feuilles, partant du bord du limbe vers la nervure centrale. Elles prennent une teinte jaune avant de brunir.
  • Un jaunissement progressif, souvent accompagné d’un flétrissement, qui touche surtout les feuilles inférieures.
  • Des nervures noircies, parfois jusqu’au pétiole ou à la tige, comme si la maladie suivait les veines de la plante.
  • Une chute prématurée des feuilles du bas, laissant les plants dégarnis.
    Des stries sombres sur les tiges, causées par une nécrose des vaisseaux qui transporte la sève.
  • Un retard de croissance, de temps en temps accompagné d’un début de pourriture de la tige.
  • Sur le chou-fleur, on observe fréquemment des mouchetures noires, des bordures roussies et un noircissement de la pomme.

Conditions favorables à la nervation noire des choux

La nervation noire adore les ambiances tropicales… même dans votre potager. Elle se développe particulièrement bien lorsque chaleur et humidité s’invitent en duo. Vous venez d’avoir une série de journées chaudes suivies d’une pluie d’orage ? La bactérie pourrait bien en profiter pour passer à l’action. Voici les conditions qui lui ouvrent grand la porte :

  • Une température comprise entre 25 et 35 °C, avec un développement optimal autour de 25 à 28 °C.
  • Une humidité relative élevée, au dessus de 80%.
  • Des rosées fréquentes, qui maintiennent le feuillage humide plusieurs heures d’affilée.
  • Des pluies ou orages d’été, qui éclaboussent les plants et dispersent les bactéries.
  • L’irrigation par aspersion, surtout si elle est réalisée au mauvais moment de la journée.
  • Une humidité excessive dans le sol ou sur le feuillage, causée par un mauvais drainage ou un espacement trop serré entre les plants.

Quelles solutions de lutte biologique contre la nervation noire des choux ?

L’aération et l’oxygénation des sols à une très grande importance au potager afin d’éviter un très grand nombre de maladies Nos solutions :

L’application de biostimulants, premier rempart contre les maladies et ravageurs des choux :

Contre la nervation noire du chou :

C’est deux solutions contre les maladies du potager sont à associer pour une meilleure efficacité. Pour une solution de 1 litre : Traitement bio maladies des légumes du potager 100 ml + 10 ml Chitosan liquide + 890 ml d’eau. Multiplier les doses en fonction du volume de traitement désirée.

Prévention contre la nervation noire du chou

Commencez par soigner vos semis en choisissant des graines certifiées saines. Avant de repiquer vos jeunes plants, veillez à espacer suffisamment vos rangs pour que l’air circule librement. Une bonne aération permet au feuillage de sécher plus vite après la pluie ou l’arrosage.

Préférez aussi des sols bien drainés, qui n’accumulent pas l’eau en surface, et évitez les endroits sujets au ruissellement. Si vous avez déjà observé des symptômes sur une parcelle, il vaut mieux patienter deux à trois ans avant d’y replanter des crucifères. Pendant ce temps, variez les cultures.

Pensez également à désinfecter les planches de semis avant de les réutiliser, et à retirer régulièrement les feuilles suspectes.

Biologie de la maladie

La nervation noire se nourrit de patience. La bactérie responsable, Xanthomonas campestris pv. campestris, peut survivre jusqu’à trois ans dans le sol, en se logeant dans les résidus de culture abandonnés ou dans les mauvaises herbes de la famille des crucifères. Ces “refuges” deviennent de véritables réservoirs, prêts à réinfecter les nouvelles plantations dès que les conditions s’y prêtent.

Elle s’invite aussi par la graine. Une semence infectée, un plant contaminé au repiquage, et le mal est fait. Une fois en place, la bactérie pénètre dans la plante par des blessures, les stomates (petites ouvertures naturelles), les hydathodes (pores situés au bord des feuilles), ou encore les racines endommagées.

À l’intérieur, elle se multiplie rapidement dans les tissus vasculaires, bloquant la circulation de la sève. C’est ce qui provoque les noircissements observés. La propagation dans le jardin peut ensuite se faire par l’eau de pluie, l’irrigation par aspersion, les outils mal nettoyés, les vêtements ou même par vos mains si vous touchez plusieurs plants alors que le feuillage est humide.

La nervation noire est donc une voyageuse discrète, portée par les gouttes d’eau et les gestes du jardinier. Mais une fois que vous la connaissez, vous pouvez agir pour limiter sa progression.

Photo : Shutterstock