Taches noires du chou (Mycosphaerella brassicicola) : dégâts, causes et traitements

Taches noires du chou

Vous avez remarqué l’apparition de taches sombres sur les feuilles de vos choux en plein cœur de l’hiver ? Cette problématique pourrait bien être liée à Mycosphaerella brassicicola, le champignon responsable des taches noires du chou. Cette maladie fongique sévit dans les potagers et les cultures maraîchères, notamment dans les régions humides. Elle affecte une large gamme de choux, du brocoli au chou-fleur, et peut causer des dégâts importants sur les feuilles, un ralentissement de la croissance et une réduction de la qualité de la récolte.

Quelle est la cause de la maladie des taches noires du chou ?

Mycosphaerella brassicicola est un champignon phytopathogène dont la présence est bien établie en France, particulièrement dans les zones à climat humide. Il peut entraîner des pertes importantes.

Sa transmission par les semences reste discutée, mais plusieurs sources évoquent cette possibilité, ce qui pousse à la vigilance lors de l’achat de matériel de culture. L’infection progresse rapidement, surtout en automne et en hiver, périodes pendant lesquelles les conditions climatiques lui sont favorables.

Quelles sont les plantes hôtes concernées ?

Les cultures les plus fréquemment touchées par les taches noires du chou sont celles appartenant au genre Brassica oleracea. Le champignon s’attaque ainsi aux choux de Bruxelles, aux brocolis, aux choux-fleurs, aux choux verts ou encore au chou kale.

D’autres brassicacées comme le rutabaga et surtout le colza peuvent aussi héberger le pathogène. Cette capacité à se propager entre différentes espèces de la même famille rend la gestion du champignon plus complexe. Une infection sur une parcelle de colza peut, par exemple, favoriser la contamination d’un potager voisin planté en choux.

Quels sont les symptômes de la maladie des tâches noires du chou ?

Les signes les plus évidents se manifestent sur les feuilles, avec l’apparition de taches noires bien délimitées, circulaires, pouvant atteindre jusqu’à 2,5 cm de diamètre. Ces taches sont souvent entourées d’un halo jaune, et présentent des anneaux concentriques caractéristiques. Au centre, de minuscules points noirs (pycnides) apparaissent progressivement.

Les feuilles atteintes peuvent jaunir, se dessécher, puis tomber prématurément, affaiblissant la plante dans son ensemble.

Comment prévenir la maladie ?

Plusieurs mesures culturales peuvent être mises en place. L’utilisation de semences certifiées saines reste la première précaution à prendre. Certaines variétés de choux-fleurs présentent une meilleure tolérance et peuvent être privilégiées.

Le respect d’une rotation culturale longue – de trois à quatre ans entre deux cultures de brassicacées – permet de réduire considérablement l’inoculum présent dans le sol.

L’élimination régulière des feuilles atteintes et des résidus de culture limite aussi la survie du champignon d’une saison à l’autre.

Quels traitements et solutions naturelles pour lutter contre les taches noires sur le chou ?

L’aération et l’oxygénation des sols à une très grande importance au potager afin d’éviter un très grand nombre de maladies. Nous développons chez Planète Agrobio des solutions pour répondre à ces enjeux. Nous vous recommandons :

En premier rempart contre les maladies du chou, nous vous conseillons aussi l’application de biostimulants comme :

Contre les taches noires du chou, l’application des traitements bio suivants :

C’est deux solutions contre les maladies du potager sont à associer pour une meilleure efficacité. Pour une solution de 1 litre : Traitement bio maladies des légumes du potager 100 ml + 10 ml Chitosan liquide + 890 ml d’eau, Multiplier les doses en fonction du volume de traitement désirée.

Quelles sont les conditions favorables au développement des taches noires du chou ?

Le développement de Mycosphaerella brassicicola dépend fortement des conditions climatiques. Voici les facteurs qui créent un environnement propice à la maladie :

  • Climat humide et doux : particulièrement fréquent sur la façade ouest de la France, où l’humidité ambiante reste élevée en automne et en hiver.
  • Températures optimales entre 13 et 20 °C : avec un développement maximal observé autour de 16 à 18 °C.
  • Présence d’eau sur les feuilles : la rosée, les pluies fréquentes ou les éclaboussures facilitent la germination des spores.
  • Période d’activité marquée en automne et en hiver : c’est durant ces saisons que les infections sont les plus nombreuses et les plus virulentes.

Biologie de Mycosphaerella brassicicola

Mycosphaerella brassicicola survit principalement dans le sol et sur les débris végétaux issus de cultures précédentes. Il s’y maintient sous forme de structures de conservation appelées pseudothèces, capables de rester viables pendant plusieurs mois. Lorsque les conditions deviennent favorables, ces pseudothèces libèrent des spores appelées ascospores, qui se dispersent avec le vent ou les éclaboussures de pluie.

Les feuilles humides, soumises à des températures douces, deviennent alors des portes d’entrée idéales. En surface, le champignon forme aussi des pycnides, visibles sous forme de petits points noirs, qui produisent des conidies et renforcent la dissémination de la maladie. Les symptômes apparaissent généralement deux semaines après l’infection initiale.

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