La courtilière est l’un des ravageurs les plus redoutables de nos potagers et de nos jardins. Elle occasionne des dégâts considérables dans nos cultures, bouleversant le terrain, cisaillant les jeunes plantes et empêchant toute croissance de semis. Mais quel est cet insecte exactement ? Comment l’identifier ? Et quelles solutions biologiques pour s’en débarrasser ? Voici tous nos conseils.
Description de la courtilière
Cet insecte est appelé vulgairement “taupe grillon” en raison de ses mœurs souterraines et des galeries qu’il creuse sous le sol, comparable, en plus petit, à celles des taupes. La courtilière est connue depuis la plus haute antiquité et Théophraste en parle dans ses écrits (300 ans avant JC) comme d’un redoutable ravageur de jardins dans la Grèce antique. Les premiers naturalistes de la renaissance en font également largement mention.
La courtilière a le nom scientifique de Gryllotalpa vulgaris ou Grllotalpa gryllotalpa. Il appartient à l’ordre des Othoptères comme les sauterelles et les grillons, mais il fait partie d’une famille très particulière des Grylloblatidae qui ne renferme en Europe que deux espèces.
Description phyqique
La courtilière possède une forme très particulière, aussi ne peut-elle être confondue avec aucun autre insecte. Elle est à la fois massive et allongée. Sa taille est de 4 à 5 centimètres pour les adultes et elle est nettement plus réduite chez les larves. La couleur générale du corps est marron foncé, mat, uniforme avec la partie ventrale de l’abdomen nettement plus claire, presque jaune.
La tête est relativement petite, arrondie, érigée en avant, munie de deux longues antennes filiformes et de deux yeux noirs et luisants. La bouche est armée de deux puissantes mandibules denticulées sur leur bord interne, qui lui servent à couper les racines. Le corselet est très chitinisé, arrondi, recouvert d’une très fine pubescence couchée lui donnant un aspect velouté. Les pattes de la courtilière ont une conformation très particulière et différente de celles de tous autres insectes. La paire antérieure est particulièrement développée et affecte la forme d’une petite bêche, ce sont des pattes dites “fouisseuses” dans laquelle le tibia est transformé en une large spatule armée de quatre denticules. Sur la partie externe du tibia vint s’articuler le tarse, composé de trois articles dont les deux premiers forment “la pince” organe constitué de deux pointes acérées jouant sur les denticules du tibia à la manière d’une petite tondeuse. Les fémurs très puissants sont armés d’une pointe acérée servant de pioche.
C’est par le jeu de la pince sur le tibia que la courtilière coupe les racines et à l’aide du tarse et de la pointe fémorale qu’elle creuse le sol. Les mandibules puissantes complètent ce travail.
Les pattes intermédiaires sont plus grêles et les pattes postérieures, bien développées, sont pourvues de fémurs renflés pour le déplacement par sauts. Ce mode de déplacement est surtout fréquent chez les jeunes larves lorsqu’elles se trouvent à la surface.
Les ailes sont au nombre de deux paires, les ailes supérieures ou élytres sont des organes de protection, elles sont courtes, hyalines, légèrement rembrunies et de forme arrondie. Repliées, elles ne recouvrent guère que le thorax et le premier segment de l’abdomen. La deuxième paire d’ailes sert au vol, elle est bien développée et se replie en éventail. Elles sont transparentes, hyaline et formé de nombreuses nervures rayonnées, réunies par de courtes nervures transversales. Au repos, les ailes se replient le long du corps et dépassent légèrement la longueur de l’abdomen où elles viennent se placer entre les cerques : dans cette position, elles affectent une forme effilée. Les cerques qui terminent l’abdomen sont de longues pointes, sensiblement de meme constitution que les antennes mais non articulées.
Cycle de vie de la courtilière
La courtilière est origine de l’Europe tempérée ou on la trouve largement répandue dans les jardins et les cultures. Le régime de la courtilière est mixte comme celui des grillons. Normalement, cet insecte est carnassier, mais il n’hésite pas à se gorger de matière végétale. Le cannibalisme se manifeste fréquemment dans les nids ou les adultes, principalement les mâles, dévorent les œufs et les larves. En creusant leur galerie, les courtilières sectionnent de nombreuses racines qu’elles dévorent mais elles vont surtout à la recherche des larves souterraines, des lombrics et de taupins.
L’hibernation a lieu sous la forme de larves du troisième stade, sous terre, dans de petites logettes très profondes. Ils reprennent leur activité dès le début du printemps et sont très voraces et occasionne de très gros dégâts d’avril à juillet.
Leur croissance a lieu progressivement au cours de la belle saison. C’est vers la fin de juin que l’on commence à observer l’accouplement, la femelle reste sans sa loge et le mâle s’en approche en émettant une stridulation particulière à laquelle la femelle répond par un son différent. Dans la position d’accouplement, la femelle est en dessus et le mâle en dessous contrairement à ce que l’on observe chez les autres insectes. L’accouplement est toujours nocturne après la fécondation, la femelle creuse de profondes galeries à l’extrémité desquelles elle confectionne une loge évasée où se trouve le nid. Ce dernier est une vaste coque terreuse aux parois internes lisses, et composée de fibres radiculaires et d’humus. Ce nid peut atteindre la grosseur d’un poing. La femelle dépose ses œufs à l’intérieur du nid a raison de 350 à 600 œufs expulsés progressivement en plusieurs paquets.
Les œufs sont de grosse taille, de formes elliptiques et de couleur blanche. L’éclosion à lieu vers la fin juin.
Les larves néonates sont blanches aux téguments transparents et mous. Elles restent dans le nid durant quelques jours jusqu’à leur cuticule se soit solidifié, c’est seulement à partir de ce moment qu’elles commencent à confectionner leurs galeries. C’est à partir de leur quatrième mue qui s’observe vers juillet aout que les courtilières atteignent leur taille complète. Le cycle complet dure environ deux ans. La courtilière se déplace par voie des airs. On les observe lors des périodes chaudes, humides et orageuses de juin.
Habitat
La courtilière vit exclusivement dans les terrains meubles, humides, bien aérées, on ne la trouve pas dans les terres argileuses. On la trouve aussi dans les endroits à terrain léger, sablonneux comme les estuaires, les cultures littorales.
Comment lutter contre la courtilière ?
Pour lutter contre la courtilière, nous vous conseillons le traitement bio pucerons et araignées rouges. Appliquez-le durant la période entre avril et août, durant la période d’activité des larves.
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Photo : R. Steinmann Pixabay


