Les agrumes sont parmi les cultures les plus sensibles aux attaques de cochenilles. Pour les arboriculteurs, la présence de ces ravageurs représente un véritable frein à la production, tant en quantité qu’en qualité. Comment identifier leur présence et reconnaître leurs dégâts ? Quels traitements et solutions biologiques pour lutter efficacement ?
Les cochenilles, des ravageurs des agrumes
Les cochenilles font partie des ravageurs les plus fréquents et les plus problématiques dans les vergers d’agrumes. Ces insectes hémiptères parasites disposent d’un mode d’alimentation redoutable : un rostre leur permet de percer les tissus végétaux pour aspirer la sève.
Selon les espèces, leur aspect peut varier. On les retrouve sous forme de boucliers rigides, de carapaces, d’amas cotonneux ou encore de revêtements cireux. Ces structures protectrices, sécrétées en grande partie par les femelles, compliquent leur détection et leur élimination.
Les femelles, dépourvues d’ailes et à l’allure compacte, se fixent durablement sur les branches, les feuilles ou les fruits. Leur morphologie laisse difficilement deviner les différentes parties du corps, ce qui leur donne cet aspect de croûte ou de masse immobile. Les mâles, plus discrets, sont de petite taille également mais possèdent des ailes et des pattes développées. Leur rôle se limite à la reproduction.
Quelles sont les agrumes attaqués par les cochenilles ?
Les cochenilles sont des ravageurs les plus polyphages, capables d’infester de nombreuses espèces végétales. Les agrumes constituent cependant l’une de leurs cibles favorites. Quelle que soit l’espèce cultivée, ces insectes peuvent s’y installer et compromettre la vitalité de l’arbre.
Voici les principales espèces d’agrumes concernées :
- Oranger
- Citronnier
- Mandarinier
- Kumquat
- Pamplemoussier
- Bigaradier
- Calamondin
- Pomelo
- Cédratier
Quels sont les dégâts causés par les cochenilles ?
Les cochenilles provoquent des dégâts directs et indirects parfois spectaculaires. En aspirant la sève des plantes, elles affaiblissent progressivement les arbres. Ce prélèvement perturbe la circulation des nutriments et ralentit la croissance. Les zones attaquées présentent souvent des blessures visibles sur l’écorce ou les rameaux.
Sur les jeunes feuilles et les fruits, des déformations apparaissent rapidement. L’un des signes les plus fréquents reste la production abondante de miellat, une substance sucrée sécrétée par les insectes, qui attire les fourmis et favorise le développement de la fumagine. Ce champignon noirâtre recouvre alors les feuilles et les fruits, ce qui limite la photosynthèse et détériore l’aspect visuel de la production.
Selon l’espèce de cochenille, d’autres symptômes peuvent être observés. Certaines sécrètent une salive toxique entraînant des taches, des déformations ou le jaunissement des feuilles. Les rameaux peuvent se dessécher, les fruits tomber prématurément et, en cas d’infestation importante, la plante entière peut dépérir.
Les encroutements sur les tiges et les fruits, fréquents chez certaines espèces, participent à la dégradation esthétique et commerciale des récoltes. Ces attaques répétées finissent par compromettre le rendement et la qualité des fruits.
Quelles sont les principales espèces de cochenilles sur les agrumes ?
Les agrumes peuvent être attaqués par différentes espèces de cochenilles, plus ou moins spécifiques à ces plantes. Certaines s’en prennent uniquement aux agrumes, d’autres s’attaquent à une large gamme de végétaux. Voici les espèces les plus fréquentes, avec leurs caractéristiques et les dégâts qu’elles occasionnent.
Planococcus citri – Cochenille farineuse de l’oranger
Aussi appelée cochenille des agrumes ou cochenille du citronnier, cette espèce originaire d’Asie est aujourd’hui présente dans de nombreuses régions du monde. Elle se reconnaît à son corps mou, ovale et bombé, recouvert d’une cire blanche qui lui donne un aspect farineux. On observe souvent des amas blanchâtres entre les fruits, à l’aisselle des feuilles ou sur la face inférieure des feuilles.
Cette cochenille provoque des déformations et un jaunissement du feuillage, ainsi qu’un affaiblissement général de l’arbre. La production de miellat favorise la fumagine. Elle peut également être vectrice du virus de la mosaïque jaune des agrumes.
Unaspis yanonensis – Cochenille asiatique des agrumes
Originaire d’Asie et désormais présente en France, cette cochenille s’attaque exclusivement aux agrumes. Les femelles sont protégées par un bouclier brun foncé aux bords plus clairs, mesurant jusqu’à 3,6 mm. Les larves, quant à elles, sont blanchâtres et atteignent 1,6 mm.
Cette espèce provoque un dessèchement des feuilles, leur chute prématurée, ainsi que des dégâts visibles sur les fruits. En cas de forte infestation, la mort de l’arbre est possible.
Unaspis citri – Cochenille blanche des agrumes
Polyphage, cette cochenille cible en priorité les agrumes, même si elle peut s’attaquer à d’autres végétaux. Les adultes portent un bouclier allongé, brun à jaune, d’environ 3 mm. Elle provoque un affaiblissement de l’arbre, des taches jaunes ou vertes sur les fruits, des chutes de feuilles et des déformations. Les tiges infectées peuvent dépérir, et une infestation importante peut conduire à la mort de l’arbre.
Lepidosaphes gloverii – Cochenille serpette des agrumes
Installée en Europe, cette espèce originaire d’Asie est facilement reconnaissable à son bouclier allongé brun à jaune, d’environ 3 mm, en forme de serpette. Elle colonise principalement les agrumes, où elle provoque des taches vertes persistantes sur les fruits et un affaiblissement progressif de l’arbre.
Icerya purchasi – Cochenille australienne ou cochenille cotonneuse
Originaire d’Australie, cette espèce s’est largement répandue dans le monde. Très polyphage, elle affectionne tout particulièrement les agrumes. Son corps rouge est recouvert d’une masse blanche cotonneuse caractéristique. Les dégâts se manifestent par la production de miellat, le développement de fumagine et des déformations du feuillage. En cas de forte population, elle peut entraîner la mort de l’arbre.
Lepidosaphes beckii – Cochenille virgule des agrumes
Cette espèce à la distribution mondiale apprécie tout particulièrement les citrus spp. Son bouclier en forme de virgule est facilement identifiable. Elle provoque un jaunissement des feuilles, une chute prématurée des fruits et peut affaiblir l’arbre jusqu’à ralentir sa croissance.
Aspidiotus nerii – Cochenille du laurier-rose ou du lierre
Avec son bouclier circulaire blanc à bistre d’environ 2,2 mm, cette cochenille est capable de s’attaquer aux agrumes mais aussi à d’autres espèces comme les lauriers-roses, les oliviers, les pommiers ou les palmiers. Trois générations se succèdent chaque année. Les infestations entraînent un affaiblissement de la plante, le flétrissement des feuilles, des tâches et malformations des fruits ainsi que le développement de miellat et de fumagine.
Aonidiella aurantii – Pou rouge de Californie
Également connue sous le nom de cochenille rouge de l’oranger, cette espèce cible principalement les agrumes. Elle se reconnaît à son bouclier circulaire brun rouge, orangé bordé de blanc avec des cercles concentriques, mesurant environ 1,8 mm. Elle provoque un retard de développement des fruits, des déformations visibles et des piqûres de nutrition sur les fruits. Les feuilles jaunissent puis tombent. Lors d’infestations importantes, l’arbre peut dépérir.
Saissetia oleae – Cochenille noire de l’olivier
Bien qu’elle attaque les oliviers, cette espèce est également fréquemment observée sur les agrumes. Son corps brun presque noir, protégé par une carapace bombée, en facilite l’identification. La cochenille noire de l’olivier infeste les rameaux et les feuilles, aspire la sève et affaiblit les plantes. La production de miellat favorise la fumagine.
Coccus hesperidum – Cochenille plate
Facilement reconnaissable à sa carapace brun-vert ponctuée de taches, pouvant atteindre 4 mm, cette cochenille se fixe sur les branches, les jeunes pousses et les feuilles des agrumes. L’accumulation de miellat favorise l’apparition de fumagine, ce qui perturbe la photosynthèse et affaiblit progressivement l’arbre.
Quels traitements bio contre les cochenilles des agrumes ?
Lutte biologique
Une des premières actions est d’utiliser des pièges pour déceler la présence des cochenilles, notamment Planococcus citri (cochenille farineuse de l’oranger).
Ces pièges sont à utiliser avec les Phéromones Planococcus citri.
Longévité de la phéromone : les leurres à phéromones Planète agrobio pour Planococcus citri durent au moins 45 jours. Pour une meilleure performance, remplacez les leurres tous les mois.
Solution traitement contre la cochenille des agrumes
Pour une solution de 1 litre, préparez le Traitement bio puceron et araignées rouges 100 ml + 10 ml savon noir + 890 ml d’eau L’application se fait en pulvérisation sur l’ensemble de la plante (feuilles, rameaux, branches, tronc) à l’aide d’un pulvérisateur. Renouveler les applications tous les 7 à 14 jours
Contre la fumagine (suie noire)
La production de miellat secrété par les cochenilles favorise la fumagine sur les agrumes. Elle peut également être vectrice du virus de la mosaïque jaune des agrumes.
- Traitement bio maladies des arbres fruitiers
- Argile bentonite sodique (Dose d’emploi : 10 gr /1 litre d’eau) : grâce a son fort pouvoir asséchant, l’argile bentonite sodique va littéralement sécher la fumagine qui s’enlèvera facilement des feuilles, tronc, branches par la pluie ou par l’application d’eau.
Application de biostimulant
C’est le premier rempart contre les maladies et ravageurs des agrumes. L’application en pulvérisation sur l’ensemble de la plante (feuilles, tronc, rameaux) à l’aide d’un pulvérisateur.
Pour 1 litre de solution : 100 ml biostimulant agrumes + 900 ml d’eau
Application tous les 7 à 21 jours.
Photo : Shutterstock


