Vos courges jaunissent, se percent, se déforment ou semblent ralentir sans raison apparente ? Au potager, plusieurs ravageurs peuvent s’attaquer aux feuilles, aux tiges, aux racines ou aux fruits, avec des dégâts parfois rapides et déroutants d’une variété à l’autre. Pour bien réagir, il faut d’abord repérer les bons signes et distinguer chaque attaque. Planète Agrobio vous aide à identifier les différents problèmes et les solutions biologiques.
Taupins
Les taupins agissent surtout au stade larvaire, sous la forme de vers fil de fer vivant dans le sol, qui perforent les organes souterrains ou proches du collet et provoquent un affaiblissement parfois brutal des jeunes courges.
- Taupin des moissons Agriotes lineatus : ses larves cylindriques, jaunâtres et très dures au toucher perforent les organes en contact avec le sol et peuvent détruire de jeunes plants, avec parfois un dépérissement soudain.
- Taupin Agriotes sputator : cette espèce provoque des galeries, des perforations et une perte de vigueur sur les jeunes courges, surtout au niveau des tissus proches du sol, avec présence possible de vers fil de fer dans la terre ou dans les tissus atteints.
- Taupin Agriotes obscurus : il entraîne des dégâts larvaires souterrains, avec affaiblissement du plant et lésions sur les organes proches du sol, souvent sous forme de petites galeries ou perforations.
- Taupin Agriotes sordidus : ses larves rigides et jaunâtres attaquent depuis le sol, ce qui se traduit par une baisse de vigueur, un flétrissement des plantules et des atteintes souterraines ou au niveau du collet.
Pucerons
Les pucerons s’installent surtout sur les jeunes tissus des courges, où ils piquent et prélèvent la sève, ce qui provoque souvent des déformations du feuillage, un ralentissement de croissance, du miellat collant et parfois l’apparition de fumagine.
Puceron du cotonnier / puceron du melon (Aphis gossypii) : il forme des colonies serrées de pucerons aptères et ailés sur les jeunes pousses, avec jaunissement, déformation des feuilles, ralentissement de croissance et dépôt de miellat favorable à la fumagine.
- Puceron vert du pêcher (Myzus persicae) : il entraîne des feuilles recroquevillées ou enroulées, des souillures liées au miellat, et se repère par la présence de pucerons verts sans ailes associés à des formes ailées au thorax noir.
- Puceron vert et rose de la pomme de terre (Macrosiphum euphorbiae) : plus grand que beaucoup d’autres pucerons, il colonise les feuilles et parfois les pédoncules, avec baisse de vigueur, ralentissement du développement et miellat possible en cas de forte présence.
- Puceron noir de la fève (Aphis fabae) : ses colonies sombres occupent les tissus jeunes et provoquent boursouflures, enroulement foliaire, perte de tonicité, affaiblissement du plant, avec parfois miellat puis fumagine.
Thrips
Les thrips sont de très petits insectes piqueurs-râpeurs qui laissent souvent sur les courges des argentures irrégulières, une chlorose diffuse, de petits points noirs de déjections, ainsi que des cicatrices sur fleurs ou jeunes fruits pouvant devenir liégeuses avec le temps.
- Thrips californien (Frankliniella occidentalis) : il provoque des argentures irrégulières sur le limbe, des lésions blanchâtres sur les fleurs et des cicatrices argentées sur les jeunes fruits, qui se subérisent ensuite.
- Thrips du tabac / de l’oignon (Thrips tabaci) : il laisse un tableau proche, avec argentures, chlorose, points noirs de déjections et marques subérisées sur les fruits, tandis que de minuscules insectes allongés restent visibles sur les organes atteints.
- Thrips du palmier (Thrips palmi) : surtout signalé en zones tropicales, il entraîne argentures, nécrose progressive des tissus, points noirs de déjections et dépréciation rapide des fruits par cicatrices.
Aleurodes
Les aleurodes, souvent appelées mouches blanches, se regroupent surtout au revers des feuilles, où elles piquent les tissus, ralentissent le développement des courges et produisent un miellat abondant pouvant ensuite favoriser la fumagine.
- Aleurode des serres / mouche blanche des serres (Trialeurodes vaporariorum) : ses colonies occupent principalement le revers des feuilles, et lorsque la plante est secouée, de petits insectes blancs s’envolent en nuée ; les piqûres freinent la croissance, tandis que le miellat abondant noircit ensuite avec la fumagine.
- Aleurode du tabac (Bemisia tabaci) : fréquente sous abri ou en conditions chaudes, elle vit elle aussi sous les feuilles, avec un ralentissement de croissance, du miellat et de la fumagine ; les adultes s’envolent facilement dès qu’on dérange le feuillage.
Punaises
Les punaises des courges sont des insectes piqueurs-suceurs qui s’attaquent surtout aux fruits, mais parfois aussi aux tiges et aux feuilles, en laissant des ponctuations, des taches décolorées ou des marques plus larges selon le stade de l’attaque.
- Punaise verte (Nezara viridula) : ses piqûres provoquent d’abord de petites taches ponctiformes sur les jeunes fruits, puis des marques plus étendues sur les courges plus développées ; un flétrissement apical peut aussi apparaître, avec présence possible d’œufs en petits tonnelets sous les feuilles, ainsi que de nymphes et d’adultes.
- Punaise (Leptoglossus gonagra) : elle pique les fruits, mais aussi parfois les tiges et les feuilles, en laissant des ponctuations et des taches décolorées ; on la repère souvent directement sur les organes atteints.
- Punaises des cultures (Lygus spp.) : ce groupe provoque surtout des ponctuations et des taches sur les fruits, avec des symptômes souvent plus discrets sur le feuillage ; l’observation des adultes ou des nymphes reste souvent le meilleur indice.
Mouche des semis (Delia platura)
La mouche des semis agit très tôt, au moment du semis et de la levée. On constate des manques sur le rang, des graines détruites ou des plantules qui pourrissent avant de bien démarrer. Les larves, de type asticot, se trouvent dans les semences ou les jeunes tissus, tandis que l’adulte est une petite mouche grise de 3 à 6 mm.
Mouche des fruits des cucurbitacées (Dacus ciliatus)
Les femelles piquent les fruits pour pondre, puis les larves se développent à l’intérieur. Les fruits ramollissent vite, se déforment et peuvent pourrir secondairement. L’ouverture d’un fruit suspect permet souvent de confirmer l’attaque par la présence d’asticots.
Mouche du melon (Zeugodacus cucurbitae)
Très redoutée sur cucurbitacées, elle laisse des marques de ponte sur la peau, puis ses larves creusent à l’intérieur du fruit. La qualité chute rapidement, avec altération de la chair et dépréciation nette de la récolte. Les signes externes associés aux galeries internes sont révélateurs.
Nématodes
Les mouches mineuses pondent dans les feuilles, puis leurs larves creusent des galeries dans le limbe, ce qui provoque des piqûres chlorotiques, un aspect miné du feuillage, une baisse de surface photosynthétique et, en cas de forte attaque, un jaunissement puis un dessèchement des feuilles.
- Mouche mineuse de la tomate (Liriomyza bryoniae) : les femelles laissent de petites piqûres chlorotiques, puis les larves creusent des mines serpentantes dans le limbe ; les feuilles jaunissent, flétrissent parfois et peuvent finir par se dessécher.
- Mouche mineuse américaine (Liriomyza trifolii) : elle réduit la surface foliaire utile après les piqûres de ponte, avec un feuillage d’abord piqueté puis marqué par des galeries claires, avant un jaunissement plus net en cas de forte présence.
- Mouche mineuse sud-américaine (Liriomyza huidobrensis) : elle provoque des piqûres chlorotiques et des mines foliaires qui affaiblissent progressivement la plante, avec parfois une défoliation partielle lorsque l’attaque devient importante.
- Mouche mineuse (Liriomyza strigata) : ses symptômes sont proches des autres Liriomyza, avec piqûres claires, galeries visibles dans les feuilles, puis jaunissement et dessèchement plus rapides quand la charge larvaire augmente.
- Mouche mineuse horticole (Chomatomyia horticola) : cette espèce entraîne des mines foliaires et une perte de surface photosynthétique, avec un feuillage affaibli et parfois une défoliation partielle sous forte pression.
Campagnol terrestre (Arvicola terrestris)
Le campagnol est un ravageur ronge les racines et parfois le collet depuis le sol, ce qui entraîne un affaiblissement rapide puis un dépérissement du plant. Les symptômes aériens peuvent sembler soudains. Selon le contexte, la présence de galeries ou de terre remaniée renforce l’hypothèse.
Noctuelles (chenilles polyphages) (Noctuidae spp.)
Les larves les plus âgées dévorent franchement le limbe, laissant de nombreuses perforations et des feuilles criblées. Les fruits peuvent aussi être rongés selon les espèces présentes. Quand on inspecte le feuillage le soir ou tôt le matin, on retrouve souvent les chenilles responsables.
Chrysomèles
Les chrysomèles des courges sont des coléoptères qui rongent surtout le feuillage et les organes tendres, avec des trous, des découpes ou un aspect de dentelle, tandis que certaines larves vivent dans le sol et affaiblissent aussi la plante par les racines.
- Chrysomèle rayée du concombre (Acalymma vittatum) : les adultes laissent des trous et un aspect de dentelle très visible sur les jeunes plants ; fleurs et fruits peuvent aussi être consommés, tandis que les larves vivent au contact des racines ; les adultes mesurent moins d’un centimètre et portent deux rayures jaunes nettes.
- Chrysomèle (Acalymma bivittula) : elle provoque des dégâts proches, avec feuilles trouées, découpées ou dentelées, parfois sur les organes les plus tendres ; ses larves racinaires ajoutent un effet d’affaiblissement du plant, et les adultes présentent eux aussi des bandes jaunes sur les élytres.
- Chrysomèle rouge de la citrouille (Aulacophora foveicollis) : surtout signalée en zones tropicales, elle consomme les feuilles, les plantules et parfois les fleurs ou les fruits, avec des dégâts de mastication bien visibles sur les tissus tendres ; la présence d’adultes colorés sur les cucurbitacées aide à l’identifier.
Escargots et limaces
Les escargots et limaces s’attaquent surtout aux jeunes courges, aux feuilles tendres et parfois aux pédoncules, en laissant des trous, des encoches, des découpes irrégulières ou un feuillage effiloché. Ils consomment souvent les feuilles entre les nervures et peut aller jusqu’à couper les tiges ou faire disparaître de très jeunes plants.
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