Ravageurs du prunier : comment lutter biologiquement ?

Le prunier attire chaque année de nombreux insectes ravageurs. Lorsque certains ravageurs s’installent, ils affaiblissent l’arbre, réduisent la récolte et ouvrent la voie aux maladies. Pour garder des pruniers vigoureux, il devient précieux de reconnaître rapidement les signes d’attaque, d’observer leur évolution et d’adapter les gestes de protection.

Carpocapse du prunier (Grapholita funebrana)

Le carpocapse de la prune est un petit papillon noir gris dépose ses œufs directement sur les fruits. Les chenilles, d’un rouge carmin caractéristique, perforent la peau et progressent vers le noyau en laissant derrière elles de fines déjections. Deux générations se succèdent généralement : une au début de l’été, l’autre en fin de saison.

Les fruits touchés tombent bien avant maturité. Une petite goutte de gomme peut parfois apparaître au point d’entrée, signe précoce de l’activité de la larve. Sur certaines variétés de pruniers, les pertes sont spectaculaires lorsque les conditions favorisent les adultes au moment de la ponte.

Tordeuse orientale (Cydia molesta)

La tordeuse orientale du pêcher s’attaque aussi aux pruniers. La larve de ce papillon s’introduit dans les jeunes pousses ou les fruits en formation. Elle commence blanche puis rosit en grandissant. Les vols débutent au printemps et se prolongent jusqu’à la fin de l’été, permettant plusieurs générations.

Les jeunes pousses atteintes se flétrissent soudainement et laissent apparaître une perforation près de l’extrémité. Dans les fruits, la tordeuse creuse des galeries qui perturbent leur développement. Selon la période d’attaque, la déformation est plus ou moins visible.

Les pucerons sur le prunier

Plusieurs espèces de pucerons se relayent sur le prunier au fil de la saison. Elles se distinguent par leur apparence, leurs hôtes secondaires et l’intensité des déformations qu’elles provoquent, mais leurs colonies produisent toutes des gênes visibles sur le feuillage et la croissance.

  • Puceron vert du prunier (Brachycaudus helichrysi) : Corps vert tendre, parfois jaunâtre, formes ailées plus sombres avec une tache pigmentée sur l’abdomen. Les jeunes feuilles se crispent nettement et s’enroulent ; les rameaux perdent de la vigueur. Cette espèce peut transmettre la sharka.
  • Puceron brun du pêcher / du prunier (Brachycaudus prunicola) : Tête noire brillante, abdomen orangé brunâtre. Les feuilles se recroquevillent en formant une fausse cloque et les jeunes pousses s’allongent mal, perturbant la ramification.
  • Puceron farineux du prunier (Hyalopterus pruni) : Aspect poudré grâce à une fine pruine blanche, silhouette allongée vert pâle. Infeste massivement le feuillage, provoque jaunissement puis chute des feuilles, fruits plus petits et affaiblissement général des arbres sensibles.
  • Puceron vert du pêcher (Myzus persicae) : Formes ailées vert taché de noir, thorax sombre ; formes aptères vert clair. Feuilles recroquevillées, miellat abondant favorisant la fumagine, transmission de nombreux virus pouvant toucher d’autres cultures du jardin.

Les cochenilles sur le prunier

De nombreuses cochenilles peuvent s’installer durablement sur le prunier. Elles se fixent sur l’écorce, les jeunes pousses ou le feuillage, d’où elles prélèvent la sève. Leur présence prolongée entraîne un affaiblissement progressif, des déformations et parfois une diminution marquée de la production.

  • Cochenille ostréiforme (Diaspidiotus ostreaeformis) : Bouclier rigide rappelant une petite coquille, fixé sur rameaux et écorce. Ses piqûres provoquent déformations, dessèchements successifs et, dans les cas avancés, la mort de portions entières de branches. Les fruits perdent en qualité.
  • Cochenille rouge du poirier (Epidiaspis leperii) : Bouclier circulaire clair avec un centre rouge sombre, corps rosé dessous. Les fortes colonies créent des croûtes épaisses sur les branches, entraînant fentes, ralentissement de croissance et dessèchement de rameaux. Le prunier réagit souvent par une gommose autour des zones touchées.
  • Lécanium du cornouiller / de la vigne (Parthenolecanium corni) : Cochenille globuleuse brun acajou, brillante. Elle affaiblit la floraison, réduit le calibre des fruits et produit beaucoup de miellat, favorisant une fumagine noire qui couvre feuilles et rameaux.
  • Lécanium du pêcher (Parthenolecanium persicae) : Forme plus allongée, brun rouge, avec une carène médiane bien visible. Sa présence dense perturbe le développement des jeunes pousses, diminue la production et entraîne d’importants dépôts de miellat conduisant à une fumagine généralisée.

Acariens rouges (Panonychus ulmi)

Ces acariens microscopiques hivernent sous forme d’œufs sur les rameaux. Dès le printemps, leur population augmente rapidement. Ils piquent les cellules du revers des feuilles pour en aspirer le contenu. Le feuillage prend alors une teinte mate, légèrement plombée, avant de tomber prématurément.

Sur prunier, ces attaques réduisent la surface photosynthétique et affaiblissent l’arbre. Les jeunes arbres montrent souvent les symptômes plus tôt, avec un ralentissement visible de la croissance estivale.

Acarien des bourgeons du prunier (Acalitus phloeocoptes)

Cet acarien minuscule se loge dans les bourgeons et y déclenche la formation de galles rondes, lisses, parfois multiples. À l’intérieur, les tissus s’épaississent et se désorganisent. Les pousses florifères se développent mal et les fleurs avortent en partie. Sur un arbre fortement touché, la floraison paraît clairsemée et certaines branches restent maigres tout au long de la saison. Les jeunes plantations réagissent particulièrement mal à ces perturbations, car leur potentiel de ramification en début de vie en dépend étroitement.

Quelles solutions de lutte contre ces ravageurs du prunier ?

Nous vous recommandons l’application des solutions biologiques suivantes :

Lutte biologique : elle permet de détecter la présence du ravageur

Biostimulant

C’est le premier rempart contre les insectes et maladies . En application sur l’ensemble de l’arbre, cette solution permet de renforcer, fortifier et stimuler les défenses naturelles des arbres fruitiers.

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