Le navet est une culture simple en apparence, mais il peut vite montrer des signes de faiblesse lorsque les conditions ne lui conviennent pas. Feuilles qui jaunissent, racines déformées, pourritures ou croissance ralentie : ces symptômes sont souvent liés à des maladies d’origine fongique, bactérienne ou parasitaire. Pour le jardinier, savoir les reconnaître permet d’agir plus sereinement, d’ajuster ses pratiques et de préserver la qualité de la récolte.
Hernie des crucifères (Plasmodiophora brassicae)
La hernie des crucifères, aussi appelée hernie du chou, est une maladie redoutée sur le navet. Elle est provoquée par Plasmodiophora brassicae, un organisme tellurique capable de persister longtemps dans le sol. Les plantes atteintes présentent des racines boursouflées et déformées, prenant un aspect galleux caractéristique.
Ces déformations perturbent l’absorption de l’eau et des nutriments, ce qui se traduit par des navets chétifs, un flétrissement marqué lors des heures chaudes et parfois un jaunissement du feuillage. Les conditions de sol jouent un rôle majeur dans l’expression de la maladie, notamment les terres lourdes, mal structurées ou à pH élevé. La prévention repose surtout sur des pratiques culturales adaptées, comme une rotation d’au moins trois ans sans crucifères ni plantes sensibles, et un travail du sol visant à améliorer sa structure et son drainage.
Pourriture noire des crucifères (Xanthomonas campestris pv. campestris)
La pourriture noire est une maladie bactérienne qui touche de nombreuses brassicacées, dont le navet, le chou et le colza. Elle est causée par Xanthomonas campestris pv. campestris et se manifeste d’abord sur les feuilles. Les symptômes typiques sont des lésions en forme de “V” partant du bord du limbe, associées à un jaunissement progressif.
À mesure que la bactérie progresse dans la plante, les nervures et les tissus vasculaires noircissent. Dans les cas avancés, le navet peut flétrir et dépérir, surtout lorsque les conditions climatiques favorisent la dissémination de la bactérie, comme l’humidité et les pluies répétées.
Alternariose du navet (Alternaria brassicae)
L’alternariose est une maladie fongique fréquente sur l’ensemble des crucifères. Elle est provoquée par Alternaria brassicae et affecte principalement le feuillage. Les premières manifestations prennent la forme de petites ponctuations sombres qui évoluent en taches circulaires brunes à noires, souvent marquées par des anneaux concentriques rappelant une cible. Un halo jaune entoure fréquemment ces lésions. Lorsque l’attaque progresse, le centre des taches peut se dessécher puis tomber, donnant un aspect criblé aux feuilles. Cette dégradation du feuillage réduit la vigueur de la plante et peut pénaliser le développement des racines.
Mildiou du navet (Hyaloperonospora parasitica)
Le mildiou du navet apparaît surtout du printemps à l’automne, lors de périodes humides et relativement fraîches. Il est causé par Hyaloperonospora parasitica et s’exprime d’abord sur le feuillage. Des taches jaunes se forment sur la face supérieure des feuilles, tandis qu’un feutrage blanc-gris à violet se développe sur le revers. Avec le temps, les feuilles atteintes se dessèchent ou entrent en pourriture. En cas de forte pression de la maladie, l’atteinte peut s’étendre aux racines, rendant les navets impropres à la consommation et compromettant la récolte.
Oïdium des brassicacées (Erysiphe cruciferarum)
L’oïdium est une maladie fongique bien reconnaissable, causée par Erysiphe cruciferarum. Sur le navet, elle se traduit par l’apparition d’un feutrage blanc-gris poudreux à la surface des feuilles. Ce dépôt s’étend progressivement, entraînant un jaunissement du feuillage puis des déformations, comme des torsions ou un enroulement des feuilles. Lors d’attaques marquées, la plante entre en sénescence précoce, avec un dessèchement du feuillage qui limite la croissance et la qualité des racines.
Rouille blanche des crucifères (Albugo candida)
La rouille blanche, due à Albugo candida, touche de nombreuses crucifères et peut également concerner le navet. Elle se caractérise par la formation de pustules blanches, surtout visibles sur la face inférieure des feuilles. Sur la face supérieure, ces zones correspondent souvent à des plages chlorotiques plus ou moins étendues. Lorsque la maladie est bien installée, des déformations du feuillage peuvent apparaître, traduisant une perturbation du développement normal de la plante.
Sclérotiniose (Sclerotinia sclerotiorum)
La sclérotiniose, aussi appelée pourriture blanche, est causée par le champignon Sclerotinia sclerotiorum. Elle peut toucher différentes parties du navet, le plus souvent les zones aériennes, mais aussi le collet ou les tissus proches du sol. Les premiers signes sont des zones imbibées d’eau qui prennent ensuite une teinte blanchâtre ou brunâtre. Un mycélium blanc et cotonneux se développe alors sur les tissus atteints. La circulation de la sève est perturbée, ce qui entraîne un flétrissement progressif de la plante et une dégradation rapide des parties touchées.
Fonte des semis (Rhizoctonia solani, Pythium spp.)
La fonte des semis est un problème fréquent lors de la levée du navet, en particulier dans des conditions humides et fraîches. Elle est liée à plusieurs agents pathogènes du sol, dont Rhizoctonia solani et différentes espèces de Pythium. Les jeunes plantules présentent une lésion brunâtre ou nécrotique au niveau du collet, juste à la surface du sol. Cette zone s’amincit, la plantule s’affaisse puis meurt. Le résultat est une levée irrégulière et clairsemée, qui peut fortement compromettre l’implantation de la culture.
Mosaïque du navet (Turnip mosaic virus – TuMV)
La mosaïque du navet est une maladie virale provoquée par le Turnip mosaic virus (TuMV). Elle se manifeste par des marbrures et des motifs en mosaïque sur les feuilles, accompagnés d’un éclaircissement des nervures. Le feuillage peut s’enrouler ou se crisper, et la croissance globale de la plante est ralentie, donnant un aspect nain au navet. Selon les souches virales et les conditions de culture, des nécroses peuvent également apparaître, aggravant l’impact de la maladie sur le rendement et la qualité des racines.
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