Vos feuilles de vigne se boursouflent, se couvrent d’un feutrage clair ou prennent un aspect inhabituel au printemps ? L’érinose de la vigne est due à une attaque d’acariens très fréquente, souvent impressionnante visuellement, mais pas toujours grave pour la récolte. Nous vous aidons à repérer ses symptômese et à adopter les bonnes réponses au jardin comme à la parcelle.
Une maladie causée par un acarien
L’érinose de la vigne est liée à Colomerus vitis, un acarien microscopique de la famille des Eriophyidae, dans l’ordre des Prostigmata. Invisible à l’œil nu, il mesure autour de 0,15 mm et ne s’observe réellement qu’à la loupe binoculaire. Son corps est allongé, mou, presque vermiforme, avec deux paires de pattes placées à l’avant et une partie postérieure marquée par des sillons transversaux parallèles. Cet acarien vit au contact des tissus jeunes de la vigne, où il déclenche les déformations très caractéristiques de l’érinose.
Cycle de développement
L’érinose évolue sur plusieurs générations au cours de l’année. Dans une première phase, les adultes sortent de leurs abris et gagnent la partie verte du bourgeon. Très tôt, les acariens se fixent sur les jeunes tissus, et dès l’apparition des feuilles, les premières galles deviennent visibles. Leur activité provoque le feutrage typique de l’érinose, qui leur sert de milieu de vie et favorise leur reproduction. Les premiers œufs apparaissent au stade E, puis les premières larves au stade F. À ce moment-là, les deux ou trois premières feuilles situées à la base du sarment sont souvent les plus touchées.
Après cette phase de reproduction, une phase de migration se met en place. Les premiers adultes se déplacent vers d’autres zones de croissance, d’abord à partir de la fin mai, puis de façon plus marquée après la floraison. Ce mouvement se poursuit pendant environ deux mois. Ensuite, à partir du mois d’août, une migration de retour commence. Elle s’achève entre octobre et novembre, quand les adultes quittent les feuilles pour rejoindre leurs sites d’hivernation à la base du sarment.
Quels sont les symptômes de l’érinose ?
Les signes d’attaque apparaissent surtout sur les feuilles, avec un aspect très reconnaissable :
- des boursouflures sur la face supérieure des jeunes feuilles
- des creux visibles sur la face inférieure
- un feutrage très dense dans ces dépressions
- une couleur du feutrage d’abord blanche ou rosée, puis brune
- parfois une évolution vers des teintes rouges sur les zones âgées
Ce feutrage correspond à une hypertrophie des poils du limbe, ou de la pilosité foliaire. C’est l’un des marqueurs les plus typiques de l’érinose. Avant même leur dégagement du bourgeon terminal, d’autres organes peuvent aussi être atteints, comme les bourgeons axillaires, les stipules, les bractées, les ébauches florales ou encore les jeunes fruits.
Quelles conséquences sur la vigne ?
Dans la majorité des cas, les dégâts restent modérés et n’affectent pas fortement la récolte. Quand l’attaque devient plus soutenue, la croissance de la vigne peut ralentir. Une apparition précoce est plus pénalisante, car les feuilles touchées remplissent moins bien leur rôle dans la photosynthèse. La plante alimente alors moins efficacement ses organes, ce qui peut provoquer plusieurs effets :
- une croissance plus faible,
- de la coulure,
- une baisse parfois nette de la récolte.
L’observation du moment d’apparition des symptômes compte donc beaucoup pour évaluer l’impact réel de l’érinose sur la vigne.
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