Vos laitues ou pommes de terre présentent-elles des galeries, des feuilles piquetées ou un feuillage qui perd vite en vigueur ? La mouche mineuse sud-américaine peut s’installer sur plusieurs cultures et provoquer des dégâts parfois rapides. Pour réagir au bon moment, encore faut-il savoir repérer ses symptômes, ses plantes hôtes et les facteurs qui favorisent sa présence : Planète Agrobio vous aide à identifier les différents problèmes et les solutions biologiques.
Qu’est-ce que la mouche mineuse sud-américaine ?
La mouche mineuse sud-américaine (Liriomyza huidobrensis), aussi appelée mouche mineuse de la pomme de terre, est un petit diptère de la famille des Agromyzidae originaire d’Amérique du Sud. Aujourd’hui, sa présence est signalée sur plusieurs continents, de l’Amérique à l’Europe, en passant par l’Asie, l’Afrique et l’Océanie, ce qui montre sa forte capacité d’adaptation et de dispersion.
Morphologie
Pour bien repérer ce ravageur, il faut distinguer l’adulte, la larve et la pupe :
- Adulte : très petite mouche de 1 à 2 mm, parfois un peu moins de 2,5 mm, à la couleur foncée ou noir brillant, avec plusieurs marques jaunes sur le corps et un écusson jaune clair caractéristique.
- Larve : de couleur blanc laiteux à blanc jaunâtre, elle mesure environ 3,5 mm et se distingue parfois difficilement d’autres mineuses à l’observation, même à la loupe binoculaire.
- Pupe : elle mesure autour de 2,2 mm et sa couleur varie fortement, du jaune pâle jusqu’au noir.
Quelles sont les cultures menacées par la mouche mineuse sud-américaine ?
Cette espèce est hautement polyphage, avec plus de 300 espèces végétales hôtes recensées. Elle peut donc s’attaquer à de nombreuses cultures légumières comme la pomme de terre, la laitue, la betterave, l’épinard, le pois, la fève, l’ail ou encore le piment, sans oublier de nombreuses plantes ornementales, ce qui en fait un ravageur redouté aussi bien en production maraîchère qu’en culture sous abri.
Symptômes et dégâts
Les dégâts sont provoqués à plusieurs stades et sous plusieurs formes : les piqûres nutritionnelles des adultes, les pontes et surtout l’activité des larves mineuses dans les feuilles. Dès les premières attaques, le feuillage peut présenter de nombreuses petites marques visibles, qui traduisent l’activité des adultes à la surface des tissus.
Après l’éclosion, la larve creuse une galerie dans la feuille, souvent à partir de la face supérieure, au niveau du point de ponte, avant de progresser vers la face inférieure. Les mines suivent fréquemment les nervures centrales et latérales, mais elles peuvent aussi s’étendre de manière plus irrégulière dans le limbe. Quand les larves sont nombreuses, les galeries finissent par se rejoindre et former de véritables plages minées, souvent plus visibles à la base des feuilles.
Pourquoi choisir un paillage bois ?
Lutte biologique
Détecter tôt les premiers individus avec des panneaux jaunes englués placés au-dessus de la culture dès l’introduction des plants. Pour ce faire, positionnez :
Plaque engluée jaune 2 faces COLTRAP 10 x 25 CM
plaque engluée jaune 2 faces COLTRAP 40 X25 CM
Si vous observez le ravageur collé sur les plaques, vous pouvez alors appliquer l’une des deux solutions suivantes :
- solution chitosan liquide + argile bentobique sodique (voir notre astuce ci-dessous)
- Répulsif jardin : terre de diatomée
💡 Notre astuce : associer le chitosan et l’argile bentonite sodique
L’argile bentonite sodique est une argile naturellement riche en smectite et montmorillonite sodique. Elle a un fort pouvoir absorbant et une capacité élevée d’échange cationique. Le Chitosan liquide est d’origine animal de grade alimentaire, il agit comme éliciteur, active le système de défenses des plantes, polymère naturel créant un biofilm protecteur.
Ces deux produits ont une synergie d’action contre la mouche mineuse sud américaine (effet barrière physique). La solution forme un biofilm naturel qui perturbe l’alimentation des insectes en empêchant la prise de nourriture en abimant les pièces buccales des insectes. Elle empêche les piqures ou morsure évitant la dispersion des virus dans certains cas ainsi que la ponte des insectes. De plus les insectes sont constitués d’environ 60% à 70% d’eau de leur masse corporelle, en contact avec cette solution , on perturbe la mue et le développement de l’insecte asséchant la cuticule nécessaire à l’insecte pour se protéger provoquant la mort de celui-ci.
La texture des deux produits gêne le déplacement surtout sur les larves et désorientent les insectes. Il agit comme répulsif mécanique sur les ravageurs. Les feuilles sont moins attractives pour les insectes (moins de brillance, moins d’odeurs volatiles libérées) Elle ne bloque pas la photosynthèse des plantes. Pas d’effet toxique pour l’utilisateur
- Dose d’emploi : bien agiter avant emploi, remuer tout au long de l’application afin que l’argile bentonite sodique ne se dépose par au fond du pulvérisateur CHITOSAN LIQUIDE 10 ml + Argile bentonite sodique 10 g + 1litre d’eau, multiplier les doses en fonction du volume de bouillie désirée.
- Répétez les applications tous les 7 à 21 jours pendant la période d’avril à septembre ( voir piègeage plaque engluée jaune 2 faces COLTRAP 25 x 10 cm ou 40 x 25 cm
Prévention
Quelques mesures simples permettent de limiter le risque d’introduction et de développement du ravageur :
- enlever et détruire les débris végétaux et les résidus de culture ;
- contrôler l’état sanitaire des plants avant et pendant leur introduction dans l’abri ;
- produire les plants dans un abri insect-proof ;
- désherber la serre et ses abords ;
- détecter tôt les premiers individus avec des panneaux jaunes englués placés au-dessus de la culture dès l’introduction des plants.
Photo : Shutterstock


