Ravageurs des asperges : dégâts et solutions biologiques

ravageurs des asperges

Vos asperges présentent des tiges affaiblies, des déformations, des morsures ou un feuillage qui jaunit avant l’heure ? Du criocère de l’asperge à la mouche de l’asperge, en passant par les pucerons, les noctuelles ou certains ravageurs du sol, plusieurs bioagresseurs peuvent compromettre la vigueur des griffes, réduire la qualité des turions et fragiliser la production sur plusieurs saisons. Planète Agrobio vous aide à identifier les différents problèmes et vous apporte ses solutions biologiques, forte de son expertise en agrobiologie.

Criocère de l’asperge

Le criocère de l’asperge (Crioceris asparagi) est un coléoptère de la famille des Chrysomelidae, très lié aux cultures d’asperges en France, en Europe et en Amérique du Nord. L’adulte mesure environ 6 à 7 mm, avec un thorax rouge taché de noir et des élytres sombres marqués de plages crème-jaune. Les œufs, sombres et ovales, sont souvent alignés sur les tiges. Les larves, gris sale à blanchâtres avec une tête noire, consomment aussi les tissus. Adultes et larves rongent les pointes des jeunes turions, puis les rameaux et les cladodes de la fougère. On observe des morsures, des cladodes brisés et une perte de surface photosynthétique, ce qui affaiblit les jeunes plantations et réduit les réserves de la griffe.

Criocère à douze points

Le criocère à douze points (Crioceris duodecimpunctata) appartient lui aussi aux Chrysomelidae. Cet insecte se reconnaît à son adulte orange vif à rouge orangé, légèrement plus grand que le criocère commun, avec douze points noirs répartis sur les élytres. Les adultes blessent les jeunes turions et peuvent consommer les bourgeons au début de la saison. Les larves, pâles à gris blanchâtre, se développent surtout dans les baies des plantes femelles, qu’elles vident progressivement. Les dégâts se traduisent par des blessures sur jeunes pousses, des trous de sortie dans les baies et une perturbation de la production de graines sur les pieds femelles.

Puceron de l’asperge

Le puceron de l’asperge (Brachycorynella asparagi) est un petit hémiptère de la famille des Aphididae. Il mesure environ 1 à 1,5 mm et présente une couleur bleu-vert à gris-bleu, avec un aspect parfois farineux ou cireux. Les colonies se regroupent à l’insertion des cladodes et sur les rameaux fins, où elles passent facilement inaperçues au début. Ses dégâts ne viennent pas seulement des prélèvements de sève : sa salive provoque un raccourcissement des entre-nœuds, une croissance broussailleuse et des rameaux en touffes, parfois décrits comme un aspect de « balai » ou de « bonsaï ». En forte population, il affaiblit la couronne, réduit la croissance racinaire, retarde le débourrement et peut faire dépérir les jeunes plants.

Agromyze de l’asperge

L’agromyze de l’asperge, aussi appelée mouche mineuse de l’asperge (Ophiomyia simplex), est un diptère de la famille des Agromyzidae. L’adulte est une petite mouche noire brillante, légèrement bossue, d’environ 2,5 à 3,5 mm. Les larves blanches creusent des galeries juste sous l’épiderme des tiges et des pédoncules de fougère, souvent près de la base. Les mines prennent une teinte rouge-brun et peuvent ceinturer localement la tige. Les symptômes visibles sont un jaunissement, un dessèchement progressif et parfois la sénescence complète d’un rameau ou d’un pied, avec des dégâts plus marqués sur jeunes plantations.

Mouche de l’asperge

La mouche de l’asperge (Plioreocepta poeciloptera) est un diptère de la famille des Tephritidae. L’adulte mesure 6 à 7 mm, avec une tête jaune, un thorax gris clair marqué de trois bandes noires et des ailes portant une large bande brune en zigzag. La larve, blanche et cylindrique, vit à l’intérieur des jeunes pousses. Elle fore les tissus, perturbe la circulation de sève et fragilise directement les organes en croissance. Les pousses attaquées se dessèchent, s’arrachent facilement, se développent mal et la griffe perd peu à peu de sa vigueur. Dans les cas avancés, elle peut ne plus émettre de nouveaux bourgeons.

Cossus de l’asperge

Le cossus de l’asperge (Parahypopta caestrum) est un lépidoptère de la famille des Cossidae, surtout signalé dans le sud de la France et les zones méditerranéennes. La larve est grosse, ivoire, longue de 40 à 50 mm, avec un thorax élargi et des pattes thoraciques très courtes. Le papillon adulte est blanchâtre à gris, avec une envergure de 28 à 40 mm. Les larves s’attaquent aux bourgeons, aux racines et à la griffe. Elles évidents les racines, provoquent des dépérissements estivaux et peuvent faire disparaître des plants par foyers, en particulier dans les jeunes aspergeraies.

Mouche des semis

La mouche des semis (Delia platura) est un diptère de la famille des Anthomyiidae, connu sur de nombreuses cultures légumières tempérées. L’adulte gris pâle mesure 5 à 7 mm et ressemble à une petite mouche domestique. Sa larve blanc-beige, sans pattes, fuselée, possède des crochets buccaux noirs visibles. Sur asperge, les attaques concernent surtout les organes juvéniles et les tissus tendres en début de récolte ou de reprise. Elles provoquent des défauts de levée, des déformations, un affaiblissement des jeunes plants et des blessures pouvant favoriser des pourritures secondaires.

Scutigérelle des jardins

La scutigérelle des jardins (Scutigerella immaculata) n’est pas un insecte, mais un arthropode souterrain de l’ordre des Scutigerellida. Elle est blanche, grêle, rapide, longue d’environ 8 mm, avec de longues antennes. Elle vit dans les sols humides, parfois sableux, et peut être retrouvée autour des turions déterrés. En aspergeraie, ses dégâts sont très pénalisants : elle provoque de nombreuses petites perforations sur les racines de réserve, les couronnes et la partie enterrée des turions. Les turions touchés deviennent non commercialisables, et la vigueur de la parcelle peut être affectée sur la saison suivante.

Taupins

Les taupins des aspergeraies (Agriotes spp. et autres Elateridae spp.) sont des coléoptères dont les larves, appelées vers fil-de-fer, vivent dans le sol. Elles sont cylindriques, dures, luisantes, de couleur jaune à brun, avec trois paires de petites pattes près de la tête. Les adultes, appelés taupins-cliquets, sont connus pour leur capacité à se redresser par un mouvement brusque. Les larves attaquent les organes enterrés et les turions, en provoquant de petites morsures ou des galeries dans les tissus. Les dégâts sont souvent localisés, mais ils peuvent rendre les turions invendables et entraîner une perte de production dans les zones fortement touchées.

Les vers gris regroupent plusieurs noctuelles, dont Agrotis segetum, Euxoa messoria, Euxoa scandens et Peridroma saucia. Ces lépidoptères de la famille des Noctuidae sont surtout nuisibles au stade chenille. Les larves sont lisses, peu poilues, et se roulent souvent en « C » lorsqu’elles sont dérangées. Elles se cachent dans les premiers centimètres du sol le jour et attaquent surtout la nuit. Sur asperge, elles mordent les pointes ou la base des turions, provoquant des trous, des encoches, des morsures latérales et parfois des turions recourbés en crosse. Une attaque sur un seul côté du turion peut ralentir localement la croissance et donner des pousses arquées ou déformées.

Punaises Lygus de l’asperge

Les punaises Lygus de l’asperge (Lygus pratensis et Lygus lineolaris) sont des hémiptères de la famille des Miridae. Ce sont de petites punaises ovales, d’environ 6 mm, brun-vert à brun rougeâtre, très mobiles. Les nymphes ressemblent aux adultes, mais ne possèdent pas encore d’ailes complètes. Ces punaises piquent les jeunes pousses et aspirent les sucs végétaux. Les symptômes prennent la forme de nécroses autour des points de piqûre, de flétrissements rapides, de dépérissements de l’extrémité des jeunes tiges et parfois d’avortements de rameaux encore tendres.

Noctuelles défoliatrices de la fougère

Les noctuelles défoliatrices de la fougère (Spodoptera exigua et Spodoptera praefica) sont des lépidoptères de la famille des Noctuidae. Les pontes peuvent former des amas recouverts d’un feutrage grisâtre sur la fougère. Les jeunes chenilles restent dans la végétation, tandis que les larves plus âgées deviennent plus visibles, avec des teintes variables et des lignes longitudinales. Sur asperge, elles consomment surtout les cladodes et l’épiderme des rameaux, principalement la nuit. En forte pression, elles peuvent anneler les rameaux, provoquer le dépérissement de la fougère et entraîner une défoliation estivale ou automnale marquée.

Nos solutions biologiques contre les ravageurs de l’asperge

Nous vous recommandons sur vos asperges différentes solutions :

  • Répulsif jardin Terre de diatomée
  • Argile bentonite sodique (c’est une argile naturellement riche en smectite et montmorillonite sodique. Elle a un fort pouvoir absorbant et une capacité élevée d’échange cationique)
  • Chitosan liquide (Chitosan origine animal de grade alimentaire, il agit comme eliciteur, active le système de défenses des plantes, polymère naturel créant un biofilm protecteur.)

 

💡 Notre astuce : Préparation Argile bentonite sodique + Chitosan liquide

Ces deux produits sont une synergie d’action contre les ravageurs de l’asperge cités ci-dessus.

Effet barrière physique, pulvérisation sous forme de suspension mélange Chitosan liquide + Argile bentonite sodique. La solution forme un biofilm naturel qui perturbe l’alimentation des insectes en empêchant la prise de nourriture en abimant les pièces buccales des insectes. Elle empêche les piqures ou morsure évitant la dispersion des virus dans certains cas ainsi que la ponte des insectes. De plus les insectes sont constitués d’environ 60% à 70% d’eau de leur masse corporelle, en contact avec cette solution, on perturbe la mue et le développement de l’insecte asséchant la cuticule nécessaire à l’insecte pour se protéger provoquant la mort de celui-ci.

La texture des deux produits gêne le déplacement surtout sur les larves et désorientent les insectes. Il agit comme répulsif mécanique sur les ravageurs. Les feuilles sont moins attractives pour les insectes (moins de brillance, moins d’odeurs volatiles libérées) Elle ne bloque pas la photosynthèse des plantes. Pas d’effet toxique pour l’utilisateur

  • Dose d’emploi : CHITOSAN LIQUIDE 10 ml + Argile bentonite sodique 10 g + 1litre d’eau, multiplier les doses en fonction du volume de bouillie désirée.
  • Bien agiter avant emploi, remuer tout au long de l’application afin que l’argile bentonite sodique ne se dépose par au fond du pulvérisateur 

 

Photo : Shutterstock

D’autres conseils sur les asperges :

  • Maladies des asperges